Afin de terminer l’écriture de votre premier roman, le façonnage des premiers paragraphes doit respirer la conviction. Mais pas une certitude chancelante, au hasard. Une assurance vague et imprécise. Non, cette certitude est de celles qui se logent au creux de votre esprit et se distillent partout. Même si elle vous abandonne épisodiquement, vous laissant orphelin d’une alliée vaillante, ne vous résignez pas. Vous vous dirigez progressivement vers le défilement de l’écran cousu par votre créativité, votre esprit, votre histoire. Mais avant toute règle, afin de vous orienter vers une musique littéraire qui vous reflète, venez avec moi. Écoutez le vent cheminant vers les vagues marines dont les embruns perlent sur votre peau. Écoutez, ressentez, humez, patientez. L’usage de l’impératif n’impose pas invariablement. Il est des occasions où il érige les destins. Une condition, une conviction, une certitude, venez, allons l’excaver, sortons-la de terre. Elle attend notre arrivée, pourvu qu’elle soit imminente.

D’abord, la lettre L afin de terminer l’écriture de votre premier roman
Songer à un achèvement, à une fin implique immanquablement une initiation, un début. De ce fait, je ne peux m’empêcher de vous glisser au creux du clavier les mots de l’écrivain Erik Orsenna. « Lire ressemble à regarder l’horizon. D’abord on ne voit qu’une ligne noire puis on imagine des mondes. » L’horizon, cette nébuleuse qui, pourtant, adosse l’espoir sur l’esquisse de ses épaules. Un manuscrit démarre par elle. Un livre incarne sa végétation. L’horizon demeure son engrais, puissant et fertile en lettres riches et enveloppées de votre stimulation cérébrale.
Cette lettre L vous permettra de terminer l’écriture de votre premier roman. C’est aussi celle d’un mot sacré : liberté. Et voici quel chemin salvateur vous procurera la satisfaction d’un projet d’écriture incluant un point final. Lancez-vous vers vos idées. Lapidez vos hésitations. Et limez vos phrases lorsque les premières seront apposées sur vos premiers chapitres. Lovez-vous dans votre cocon d’écriture et rédigez à propos de ce qui vous anime ou ce qui vous bouscule. Sans jamais omettre de garder la place la plus précieuse à ce qui éveille votre âme. Ainsi, vous pénétrerez dans le monde des livres avec un L majuscule, envahis par l’effervescence absolue.
Et la lettre L du mot liberté vous tend une main, généreuse et pleine.
Ensuite, la lettre E afin de terminer l’écriture de votre premier roman
La lettre E afin de terminer l’écriture de votre premier roman mais c’est aussi la dernière du mot liberté. Mais pas n’importe quel E. Celui qui déambule sur le papier vêtu d’un léger chapeau pour mieux cerner ce fameux horizon qu’évoque Erik Orsenna. L’accessoire du E, son accent, souligne une détermination. En légère oblique sur votre clavier d’ordinateur, il marque une scission. Il fragmente l’avant et l’après le démarrage de votre projet de livre. Il déblaie le chemin afin de vous guider vers la trajectoire d’un futur en ébullition dès lors que vous l’apercevez. Ce É vous emporte vers l’émerveillement, ou encore vers l’éveil mais aussi l’écoute. Écoutez ce que vous partage votre instinct. Votre désir d’écrire se métamorphosera alors en lignes, puis en pages et, enfin, en véritable livre. Et la lettre É vous préserve dans son inaltérable patience.
Enfin, quelle lettre pourrait vous mener vers ce point final ?
Et, finalement, pour construire, il est nécessaire de déconstruire. Au-delà du mot liberté et des caractères solides qui le composent, il y a un vaste espace à conquérir. Non pas à posséder avec individualisme, ni à cerner tel un otage. Mais plutôt à consentir vous-même de meubler un abri de texte qui se signera comme un ouvrage littéraire. Une œuvre écrite dont la satisfaction de l’accomplissement rendra la pré-liberté aussi évanescente qu’indispensable. Ainsi, tâchons dès à présent de débusquer cette fameuse prochaine lettre avec pour objectif la déconstruction.