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« La machine à explorer le temps » de H.G. Wells

« La machine à explorer le temps » de H.G. Wells

Combien de fois avons-nous déjà songé à ce que fut et sera le monde ? Aux avancées, aux progrès, à tout ce que nous n’avons pas connu et n’aurons pas la possibilité d’explorer ?

1895 témoigne de ces expériences qui, au simple fait d’y songer, nous mettent en effervescence, nous procurent un enthousiasme sans pareil. 1895, c’est une fin de siècle où une musicalité nouvelle règne sur la surface du globe. Alors bercé par les notes créatives d’êtres dotés d’une imagination débordante, le monde, ébahi, découvre le cinéma, cette fascinante machine projetant quelques 25 images par seconde pour nous immerger dans un spectacle à trois dimensions.

En littérature, H.G. Wells a démontré son génie en transcendant avec brio la réalité de l’époque, plongeant ainsi les férus de curiosités en tout genre dans la quatrième dimension avec l’histoire d’une création scientifique virtuelle inégalable : une machine à explorer le temps. Le héros extraordinaire de son roman s’engouffre en l’an 802701 dans un environnement hors du commun et si dissemblable de celui auquel il est accoutumé.

Ce livre n’est bref qu’en terme de nombre de pages. Il en est autrement de son contenu si étoffé, si riche. Sa finesse analytique de l’Homme et son déclin possible nous fascinent ; la beauté descriptive de ce monde décadent et imaginaire nous emporte ; et, surtout, les subtilités du talent narratif d’un héros aspiré par une époque, aspiré par un autre temps, aspiré par l’étrange nous surprennent autant qu’elles nous émerveillent.

J’ai lu ce classique culte de la Science-fiction, et je peux affirmer sans l’ombre d’un doute que j’aimerais aussi, à l’image de l’explorateur de Wells, être dotée de ce pouvoir fictif et mystérieux de m’aventurer à manipuler le fil du temps, ne serait-ce que pour remonter celui où j’ai découvert cette incroyable histoire.

Ce roman phare fait-il aussi partie de votre collection ?


4ème de couverture (résumé) :

La machine à explorer le temps de H.G. Wells aux éditions Gallimard, collection Folio SF, 2019 (éd. originale, 1895)

« Je vis des arbres croître et changer comme des bouffées de vapeur ; tantôt roux, tantôt verts ; ils croissaient, s’étendaient, se brisaient et disparaissaient. Je vis d’immenses édifices s’élever, vagues et splendides, et passer comme des rêves. Toute la surface de la terre semblait changée – ondoyant et s’évanouissant sous mes yeux. Les petites aiguilles, sur les cadrans qui enregistraient ma vitesse, couraient de plus en plus vite. Bientôt je remarquai que le cercle lumineux du soleil montait et descendait, d’un solstice à l’autre, en moins d’une minute, et que par conséquent j’allais à une vitesse de plus d’une année par minute ; et de minute en minute la neige blanche apparaissait sur le monde et s’évanouissait pour être suivie par la verdure brillante et courte du printemps. »

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« Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson

« Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson

Seul quelques rares livres ont la capacité de marquer notre esprit de manière impérissable. Ils détiennent cette force de conviction, nous happent, nous enivrent et provoquent en nous un chamboulement émotionnel sans pareil. Lorsque je m’attache particulièrement à un univers romanesque, je ressens invariablement ce sentiment de douce tristesse qui persiste au-delà de la découverte de la dernière ligne. Un sentiment qui, pour le faire perdurer, se traduit par une lecture lente, une lecture permettant de savourer l’atmosphère créée par l’auteur, son talent habile à construire un récit à la fois poétique et plein de subtilités et sa manière singulière de nous livrer des personnages riches et bien pensés. « Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson est de ceux-là. C’est un récit sublime, orchestré avec finesse. C’est l’histoire d’un voyageur dans le temps profondément romantique qui nous démontre que l’amour se moque, non pas de la distance nous séparant de l’être aimé, mais qu’il se moque éperdument des frontières temporelles qu’il brave contre vents et marées. Il est aussi question de maladie, de mort et de désespoir.

Le lecteur participe invariablement à la construction d’une histoire, par sa volonté de comprendre l’intention du créateur du texte, sa capacité à débusquer la part d’explicite du voyage des mots et de déterrer ce qu’il tait, de lire cette saisissante mélodie qui nous est contée entre les lignes.

Le ressac, ce terme que Richard Matheson habille d’une incroyable poésie, aussi vigoureux soit-il, ne balaiera jamais le mélancolique voyage dans le temps que j’ai vécu intensément en lisant ce roman.

Avez-vous déjà tenté cette expérience de lecture ? Sinon, embarqueriez-vous pour ce périple émotionnel suranné ?


Résumé (4ème de couverture)

À trente-six ans, Richard Collier se sait condamné à brève échéance. Pour tromper son désespoir, il voyage, au hasard, jusqu’à échouer dans un vieil hôtel aux bords du Pacifique.Envoûté par cette demeure surannée, il tombe bientôt sous le charme d’un portrait ornant les murs de l’hôtel : celui d’Elise McKenna, une célèbre actrice ayant vécu à la fin du XIXᵉ siècle. La bibliothèque, les archives de l’hôtel lui livrent des bribes de son histoire, et peu à peu la curiosité cède le pas à l’admiration, puis à l’amour. Un amour au-delà de toute logique, si puissant qu’il lui fera traverser le temps pour rejoindre sa bien-aimée. Mais si l’on peut tromper le temps, peut-on tromper la mort ?

Le jeune homme, la mort et le temps de Richard Matheson aux éditions Folio SF, 1975 (édition originale anglais) et 2000 (édition folio SF en français)