« Alors vous ne serez plus jamais triste » de Baptiste Beaulieu

« Alors vous ne serez plus jamais triste » de Baptiste Beaulieu

Les prémisses d’un roman abritent une promesse, son point final cueille l’attente du lecteur qui se faufile entre chaque page sillonnant l’histoire qu’il déplie. Les livres sont tous identifiables au parfum qu’ils nous laissent, aux sons dont ils nous ont imprégnés, aux images qu’ils nous ont confiées, et aux émotions plus ou moins vives qu’ils ont enfantées en nous.

« Alors vous ne serez plus jamais triste » est un conte aux mille saveurs que l’on se retient de dévorer de crainte que notre empressement ne sature ses nuances, qu’il aspire ses multiples reliefs, qu’il égare sa magie et ne la condamne à son extinction définitive et malheureuse.

Il y a sans doute un moment opportun pour explorer un livre qui nous procure satisfaction. Sans doute existe-t-il des conditions rigoureuses à réunir pour étreindre un bon livre de nos mains. Il en va autrement pour les livres qui nous offrent ce quelque chose qui se situe au-delà des frontières du strict contentement, par-dessus le fil invisible qui borde des attentes primaires. Les livres merveilleux, ces univers de papier magiques, ils se dirigent vers nous sans que nous prenions conscience que nous étions destinés à ceux-là, que ce sont eux qui nous adoptent et confèrent une couleur si délectable à notre univers de lecteur que nous sommes instantanément saisis par l’idée de leur témoigner notre gratitude. Écrire ce fantastique roman a dû être un fabuleux voyage pour son auteur ; l’envelopper d’une poussière de magie afin qu’il s’achemine vers nous, lecteurs et lectrices, revêt une délicieuse liberté pour moi.

Pourquoi je ne m’autorise pas à vous livrer ne serait-ce que des bribes de cette histoire ? Car, si elle saura vous émerveiller autant qu’elle en a été capable avec moi, elle viendra à vous et « alors vous ne serez plus jamais triste ».


4e de couverture (résumé) :

Un médecin malheureux, qui ne se rappelle plus comment soigner depuis le départ de sa femme, a décidé de mettre fin à ses jours. Dans le taxi qui le mène à l’hôpital pour régler quelques affaires, il fait la connaissance de sa mystérieuse conductrice : une vieille dame excentrique capable de deviner quand les gens vont mourir. Pour convaincre le Docteur de revenir sur sa décision, elle exige sept jours durant lesquels il devra se soumettre à toutes ses fantaisies.
Le compte à rebours est lancé. Qui, du désespoir ou de la joie de vivre, l’emportera ? Avec une poésie joyeuse et une profonde sensibilité, Baptiste Beaulieu imagine une merveilleuse rencontre entre deux êtres qui cherchent à réenchanter le monde.


 

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« Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson

« Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson

Seul quelques rares livres ont la capacité de marquer notre esprit de manière impérissable. Ils détiennent cette force de conviction, nous happent, nous enivrent et provoquent en nous un chamboulement émotionnel sans pareil. Lorsque je m’attache particulièrement à un univers romanesque, je ressens invariablement ce sentiment de douce tristesse qui persiste au-delà de la découverte de la dernière ligne. Un sentiment qui, pour le faire perdurer, se traduit par une lecture lente, une lecture permettant de savourer l’atmosphère créée par l’auteur, son talent habile à construire un récit à la fois poétique et plein de subtilités et sa manière singulière de nous livrer des personnages riches et bien pensés. « Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson est de ceux-là. C’est un récit sublime, orchestré avec finesse. C’est l’histoire d’un voyageur dans le temps profondément romantique qui nous démontre que l’amour se moque, non pas de la distance nous séparant de l’être aimé, mais qu’il se moque éperdument des frontières temporelles qu’il brave contre vents et marées. Il est aussi question de maladie, de mort et de désespoir.

Le lecteur participe invariablement à la construction d’une histoire, par sa volonté de comprendre l’intention du créateur du texte, sa capacité à débusquer la part d’explicite du voyage des mots et de déterrer ce qu’il tait, de lire cette saisissante mélodie qui nous est contée entre les lignes.

Le ressac, ce terme que Richard Matheson habille d’une incroyable poésie, aussi vigoureux soit-il, ne balaiera jamais le mélancolique voyage dans le temps que j’ai vécu intensément en lisant ce roman.

Avez-vous déjà tenté cette expérience de lecture ? Sinon, embarqueriez-vous pour ce périple émotionnel suranné ?


Résumé (4ème de couverture)

À trente-six ans, Richard Collier se sait condamné à brève échéance. Pour tromper son désespoir, il voyage, au hasard, jusqu’à échouer dans un vieil hôtel aux bords du Pacifique.Envoûté par cette demeure surannée, il tombe bientôt sous le charme d’un portrait ornant les murs de l’hôtel : celui d’Elise McKenna, une célèbre actrice ayant vécu à la fin du XIXᵉ siècle. La bibliothèque, les archives de l’hôtel lui livrent des bribes de son histoire, et peu à peu la curiosité cède le pas à l’admiration, puis à l’amour. Un amour au-delà de toute logique, si puissant qu’il lui fera traverser le temps pour rejoindre sa bien-aimée. Mais si l’on peut tromper le temps, peut-on tromper la mort ?

Le jeune homme, la mort et le temps de Richard Matheson aux éditions Folio SF, 1975 (édition originale anglais) et 2000 (édition folio SF en français)