» Le souffle des rêves  » de Clarisse Sabard

 » Le souffle des rêves  » de Clarisse Sabard

L’aurore. Ce terme empli de poésie et de promesse se matérialise en vagues successives de couleurs chaudes dès lors qu’il est prononcé. Il incarne cet instant où l’on se surprend à être ensorcelé par la magnificence et la douceur qui s’empare du ciel au petit matin. Et dès lors que je retranscris cette pensée, je me remémore l’époustouflante épopée de la remarquable héroïne Lucy que Clarisse Sabard dépeint de sorte à nous procurer tant d’émotions. Au fil de son histoire, l’on se passionne pour sa résilience, l’on compatit pour ses malheurs, mais, surtout, l’on conserve l’espoir d’un jour nouveau. Refermer « Le souffle des rêves », c’est demeurer extatique face à cette image céleste naturelle et mystérieuse de l’insaisissable ; c’est se sentir contraint de quitter un univers romanesque dans lequel on a plongé avec délectation ; c’est saisir la grandeur et l’importance que les rêves ont le devoir d’occuper dans nos vies ; c’est contempler l’horizon et, quoi que l’on y entr’aperçoit, ne jamais cesser de les forger à notre image.


4ème de couverture (résumé) :

New York, 1987.

Coincée entre un travail de chroniqueuse musicale qui ne lui convient plus et un mari qui voudrait la voir abandonner sa carrière pour devenir mère, Abigail O’Dell a besoin de souffler. Alors qu’elle n’est pas retournée en Irlande depuis l’enterrement de sa grand-mère Lucy, Abby s’envole vers la terre de ses ancêtres, dans l’espoir que ce retour aux sources lui permettra d’obtenir des réponses sur son passé familial troublé et de se rapprocher enfin de sa mère qui l’a abandonnée enfant.

C’est en découvrant des cassettes audio enregistrées par Lucy peu de temps avant sa disparition qu’Abby va faire un bond dans le temps et revenir au début du siècle. Car tout a commencé lorsque la jeune Lucy a pris le bateau pour New York…

Le souffle des rêves de Clarisse Sabard aux éditions Charleston, 2022

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I SERVICE PRESSE I « Forest Hill » de Isabelle Crépy

I SERVICE PRESSE I « Forest Hill » de Isabelle Crépy

« Forest Hill » ou la colline de la forêt. Un amas qui confère au paysage l’atout majeur de reliefs à perte de vue, de contrastes ombragés qui dissimulent une flamboyante lumière.

C’est ainsi que, haut perchée sur la colline de Forest Hill, l’auteure cueille, à la manière d’un travelling cinématographique à 360 degrés, des bribes de vie des personnages qu’elle façonne de manière déroutante et mystérieuse à la fois ; des hommes et des femmes, multiples, fourbes, haineux, meurtris. Un flot d’images s’écoule sous notre regard ébahi par la rythmique saccadée, la vitesse d’action, la vive alternance des « il » et des « elle ». De cette terre froide et sombre de Londres ne subsiste que le voile de leur présence spectrale mouvante. L’atmosphère est vive, dense, pesante, et le lecteur semble en proie au vertige.

Chaque livre renferme ses secrets ; chaque lecture abrite un regard singulier ; chaque romancier concocte ses propres recettes, mais de cet amoncellement de terre anglaise, notre chute se matérialise dès lors que « Marie marche seule dans le parc » et que l’espoir s’esquisse : Serons-nous apte à démêler le vrai du faux, l’accessoire de l’essentiel, la fiction de la réalité, les mots posés sur le papier des conséquences de leur pouvoir ?

Se divertir, s’évader et se détendre sont souvent des éléments déterminants dans nos choix littéraires. Réfléchir, analyser et se questionner sur les mécanismes créatifs apportent une richesse sans pareil au monde du livre. Merci à Isabelle Crépy pour ce Service Presse qui m’a fait basculer dans cette seconde singulière, mais non moins nécessaire catégorie, en quelques dizaines de pages.


Résumé (4ème de couverture) :

Dans un manoir isolé du XIXe siècle, entre rêve et réalité, secret et mensonge, Marie, Jeanne et Gabriel tentent de survivre parmi les morts et les vivants. Les trois personnages en quête d’identité entremêlent leurs voix dans un voyage intérieur qui les emmène au bord de l’abîme.

Forest Hill de Isabelle Crépy, auto-édition, 2021

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« Le jardin de l’oubli » de Clarisse Sabard

« Le jardin de l’oubli » de Clarisse Sabard

Inlassablement, j’aime l’idée de me perdre dans les livres enchanteurs de Clarisse Sabard. Ses histoires font poindre en moi cette sensation familière que j’ai plaisir à retrouver dans chacune de ses parutions. Ses héroïnes du passé sont invariablement combatives et le revendiquent ; quant à celles du présent, la confrontation avec leurs ancêtres fait naître un questionnement nécessaire pour leur construction en devenir.

La mémoire, les écrits, l’oubli, les arts, la littérature, une Agathe persévérante et courageuse, une Faustine maladroite et tâtonnante, celles et ceux qui les ont connues. C’est avec ce savant mélange d’ingrédients imparables que la romancière a, encore une fois, parsemé mon ciel de lectrice d’étoiles, mais aussi d’un espoir, celui du rêve d’Agathe qui ne cesse de briller en quête de renaissance d’un jardin que je ne peux désormais plus me résigner à faire tomber dans l’oubli.


4ème de couverture (résumé) :

La jeune Agathe, repasseuse, fait la connaissance de la belle Otero, célèbre danseuse, dans la villa dans laquelle elle est employée. Une rencontre qui va bouleverser sa vie, deux destins liés à jamais par le poids d’un secret.

Un siècle plus tard, Faustine, journaliste qui se remet tout juste d’une dépression, se rend dans l’arrière-pays-niçois afin d’écrire un article sur la Belle-Epoque. Sa grand-tante va lui révéler l’histoire d’Agathe, leur aïeule hors du commun.
En plongeant dans les secrets de sa famille, la jeune femme va remettre en question son avenir. Et la présence du ténébreux mais très secret Sébastien y est également pour quelque chose…

Le jardin de l’oubli de Clarisse Sabard aux éditions Charleston, 2019

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« Dora Maar et le Minotaure » de Slavenka Drakulic

« Dora Maar et le Minotaure » de Slavenka Drakulic

La vie toute entière de Dora Maar, photographe maudite et « muse-objet » de Pablo Picasso, semble avoir été une interminable mosaïque composée d’impertinents éclats, qui n’obéissent à aucune règle. Son environnement était sombre, les paysages qui la cernaient tumultueux et le prisme au travers duquel elle observait son existence, une surface fissurée, brisée par les douloureuses épreuves que lui infligeait la vie, mais, surtout, par sa rencontre avec le célèbre peintre. Dans cet écrit intitulé « Dora Maar et le minotaure », Slavenka Drakulic livre un récit absolument captivant et fascinant. Chaque détail dans son écriture et ses choix narratifs nous offre la vision tourmentée d’une femme dont on comprend l’inévitable souffrance, mais que l’on pressent par moment comme victime consentante, et celle d’un homme au pouvoir absolu et à la volonté souveraine auxquels rien ne résiste.

Le final est grand, beau, magistral. Cette façon qu’a l’auteure de maintenir une tension persistante malgré son apparente absence m’a procuré un véritable frisson. Picasso n’est plus, et la brume prégnante s’est substituée à une brise débarrassée de son influence néfaste, mais dont l’air restera à jamais chargé de sa présence spectrale.

Avez-vous succombé à la curiosité de découvrir cet ouvrage qui s’inscrit dans « Les indomptées », une collection des éditions Charleston qui a vu le jour début 2021 ?

Qu’en avez-vous pensé ?


Résumé (4ème de couverture) :

« J’avais découvert posé sur le lit un petit dessin représentant une femme et un homme à tête de taureau. (…) Le dessin est brutal. Je le déteste. Je l’adore. Je ne m’en déferai jamais. (…) Sur ce dessin, c’était moi. Ni Olga, ni Marie-Thérèse, ni aucune autre de ses amantes de passage dont il ne se rappelait pas les noms. J’étais l’élue, j’étais la gagnante, j’étais marquée. J’étais à lui. »

Photographe renommée, figure prometteuse de l’avant-garde parisienne, amie intime des surréalistes André Breton et Man Ray, Dora Maar est une artiste accomplie et célébrée lorsqu’elle rencontre Pablo Picasso en 1936. Fascinée par le génie du peintre, elle rêve d’un compagnonnage artistique, d’une vie à deux faite d’amour et d’art.

Mais pour Picasso, le seul art qui compte est le sien, et leur relation ne sera pour lui qu’un matériau inépuisable pour sa propre créativité. Projetée en pleine lumière par son statut de muse, Dora Maar devient, sous les pinceaux de Picasso, une des femmes les plus scrutées de son temps, mais son art et son individualité resteront à jamais dans l’ombre du maître.
De leur histoire destructrice, elle sortira anéantie.

Dans ce journal intime fictif, Slavenka Drakulic dresse le portrait tragique d’une femme et artiste extraordinaire et offre une voix à celle qui en fut privée.

Dora Maar et le minotaure de Slavenka Drakulic aux éditions Charleston, 2021

« Paroles d’artiste » – Frida Kahlo

« Paroles d’artiste » – Frida Kahlo

J’ai longuement fixé les peintures de Frida Kahlo. Je les ai observées, scrutées, décortiquées, élément par élément, couleur par couleur. C’est curieux comme une âme artiste est capable de nous instiller sa souffrance en nous abandonnant une parcelle de son existence, simplement. Je l’ai sentie tâtonner au travers de ses œuvres, traverser péniblement les méandres du désespoir, j’ai vu la noirceur l’engloutir, comme quelqu’un d’impuissant, interdit d’action. J’ai entendu un cri de douleur déchirant retentir et, soudain, l’éclosion s’est produite : l’artiste était né. Celui avec un A majuscule, celui qui nous hypnotise avec le mystère et la force émanant de ses œuvres, celui qu’elle rejette et refuse d’incarner. Et pourtant, à travers les pages de « Paroles d’artiste », elle m’a dévoilé le contraire. Elle m’a montré la voie du courage, celle d’une femme déterminée, d’un être unique au tempérament brumeux et sombre.

Personnellement, j’ai beaucoup apprécié la lecture de ce petit livre des éditions FAGE car ce format permet de s’initier à l’œuvre d’un artiste de manière succincte en s’attardant sur une forme de rapport intime de l’artiste à son public. C’est une sorte d’initiation à son univers créatif, à son monde intérieur par le biais de propos, de réflexions et de présentation de quelques œuvres emblématiques.

Et vous, ces mini livres sur les artistes vous tentent ou vous les avez déjà découverts ?

Vous appréciez l’univers de Frida Kahlo ?


Résumé (4ème de couverture) / Édition bilingue francais-anglais

« J’en ai strictement rien à foutre de ce que tout le monde peut bien penser. Je suis née pute, je suis née peintre, je suis née chieuse, mais j’ai été heureuse tout au long de ma vie. (…) Je suis simplement qui je suis, mais toi, qui es-tu ? »

Frida Kahlo, Paroles d’artiste, FAGE éditions, 2017