« Personne n’aime comme nous » de Vladimir Nabokov

« Personne n’aime comme nous » de Vladimir Nabokov

« Mais il y a des choses dont il est difficile de parler, de peur que le contact des mots n’efface leur merveilleux pollen… »

Un frisson franc. Cette sensation d’un amalgame de force et de puissance inouïes et simultanées. Les lettres de Vladimir Nabokov à sa femme Vera m’ont foudroyée à la seule découverte des premières lignes de ce merveilleux recueil. La richesse de sa plume allie réalisme et rêverie avec une telle finesse qu’elle apparaît comme indécelable.

J’aime me perdre dans la littérature, mais ce que j’aime pardessus tout, c’est d’y rencontrer la beauté infinie dans le quotidien, le formidable dans l’ordinaire. Ce merveilleux pollen : une phrase, deux mots et une image qui possède cet étonnant pouvoir de faire chavirer le cœur, mais aussi les souvenirs.

Et c’est dans l’urgence du partage que je vous communique mes premières émotions sur ce livre que je vais déguster avec parcimonie, chaque jour, pour en apprécier toute l’essence jusqu’à ce que j’explore à nouveau l’univers de cet écrivain hors du commun.

Merci aux éditions 1001 nuits de publier des trésors si précieux. Si vous ne connaissez pas encore cette collection, le moment est peut-être aussi venu pour vous de flirter avec la prochaine lecture qui apportera un nouveau souffle à vos coups de cœur.


4e de couverture :

Recueil de lettres écrites par Vladimir Nabokov à son amour Vera.

Personne n’aime comme nous de Vladimir Nabokov aux éditions 1001 nuits, 2022

 » Le souffle des rêves  » de Clarisse Sabard

 » Le souffle des rêves  » de Clarisse Sabard

L’aurore. Ce terme empli de poésie et de promesse se matérialise en vagues successives de couleurs chaudes dès lors qu’il est prononcé. Il incarne cet instant où l’on se surprend à être ensorcelé par la magnificence et la douceur qui s’empare du ciel au petit matin. Et dès lors que je retranscris cette pensée, je me remémore l’époustouflante épopée de la remarquable héroïne Lucy que Clarisse Sabard dépeint de sorte à nous procurer tant d’émotions. Au fil de son histoire, l’on se passionne pour sa résilience, l’on compatit pour ses malheurs, mais, surtout, l’on conserve l’espoir d’un jour nouveau. Refermer « Le souffle des rêves », c’est demeurer extatique face à cette image céleste naturelle et mystérieuse de l’insaisissable ; c’est se sentir contraint de quitter un univers romanesque dans lequel on a plongé avec délectation ; c’est saisir la grandeur et l’importance que les rêves ont le devoir d’occuper dans nos vies ; c’est contempler l’horizon et, quoi que l’on y entr’aperçoit, ne jamais cesser de les forger à notre image.


4ème de couverture (résumé) :

New York, 1987.

Coincée entre un travail de chroniqueuse musicale qui ne lui convient plus et un mari qui voudrait la voir abandonner sa carrière pour devenir mère, Abigail O’Dell a besoin de souffler. Alors qu’elle n’est pas retournée en Irlande depuis l’enterrement de sa grand-mère Lucy, Abby s’envole vers la terre de ses ancêtres, dans l’espoir que ce retour aux sources lui permettra d’obtenir des réponses sur son passé familial troublé et de se rapprocher enfin de sa mère qui l’a abandonnée enfant.

C’est en découvrant des cassettes audio enregistrées par Lucy peu de temps avant sa disparition qu’Abby va faire un bond dans le temps et revenir au début du siècle. Car tout a commencé lorsque la jeune Lucy a pris le bateau pour New York…

Le souffle des rêves de Clarisse Sabard aux éditions Charleston, 2022

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I SERVICE PRESSE I « Forest Hill » de Isabelle Crépy

I SERVICE PRESSE I « Forest Hill » de Isabelle Crépy

« Forest Hill » ou la colline de la forêt. Un amas qui confère au paysage l’atout majeur de reliefs à perte de vue, de contrastes ombragés qui dissimulent une flamboyante lumière.

C’est ainsi que, haut perchée sur la colline de Forest Hill, l’auteure cueille, à la manière d’un travelling cinématographique à 360 degrés, des bribes de vie des personnages qu’elle façonne de manière déroutante et mystérieuse à la fois ; des hommes et des femmes, multiples, fourbes, haineux, meurtris. Un flot d’images s’écoule sous notre regard ébahi par la rythmique saccadée, la vitesse d’action, la vive alternance des « il » et des « elle ». De cette terre froide et sombre de Londres ne subsiste que le voile de leur présence spectrale mouvante. L’atmosphère est vive, dense, pesante, et le lecteur semble en proie au vertige.

Chaque livre renferme ses secrets ; chaque lecture abrite un regard singulier ; chaque romancier concocte ses propres recettes, mais de cet amoncellement de terre anglaise, notre chute se matérialise dès lors que « Marie marche seule dans le parc » et que l’espoir s’esquisse : Serons-nous apte à démêler le vrai du faux, l’accessoire de l’essentiel, la fiction de la réalité, les mots posés sur le papier des conséquences de leur pouvoir ?

Se divertir, s’évader et se détendre sont souvent des éléments déterminants dans nos choix littéraires. Réfléchir, analyser et se questionner sur les mécanismes créatifs apportent une richesse sans pareil au monde du livre. Merci à Isabelle Crépy pour ce Service Presse qui m’a fait basculer dans cette seconde singulière, mais non moins nécessaire catégorie, en quelques dizaines de pages.


Résumé (4ème de couverture) :

Dans un manoir isolé du XIXe siècle, entre rêve et réalité, secret et mensonge, Marie, Jeanne et Gabriel tentent de survivre parmi les morts et les vivants. Les trois personnages en quête d’identité entremêlent leurs voix dans un voyage intérieur qui les emmène au bord de l’abîme.

Forest Hill de Isabelle Crépy, auto-édition, 2021

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« La part des ténèbres » de Stephen King

« La part des ténèbres » de Stephen King

Un magma gris boueux. Jamais, auparavant, une couleur et une matière ne s’étaient imposées avec une telle force dès le début d’une lecture. Chaque action décrite, chaque évènement, chaque personnage est imbibé de cet infâme et sordide mélange qui dérange et colle à la peau.

Thad Beaumont incarne ce héros que l’on aime plaindre, et son homologue des ténèbres, George Stark, celui que l’on suit avec une avidité repoussante. Le King a l’art et la manière de flirter avec les contours d’un manichéisme presque caricatural. Ces personnages ne cessent de se confondre dans un chaos vertigineux dont on se languit, pourvu que le supplice s’achève enfin. Qui écrit ? Qui est coupable de ces horripilants meurtres ? Qui agit ? Qui réfléchit ? Qui orchestre ? Qui exécute ?

La Nature qui les entoure est aussi inquiétante ; le lecteur n’a de cesse de se questionner sur ces massifs envols macabres de moineaux ; sur ce corps humain qu’il possède mais n’en soupçonne jamais la structure défaillante et les ravages qu’il est capable d’engendrer parfois.

J’ignore ce qu’il en est de vous, mais je suis convaincue qu’observer les moineaux ne sera, désormais, plus jamais pareil.

Vous arrive-t-il aussi qu’une lecture symbolise, d’une manière si vive, une couleur ?


4ème de couverture (résumé) :

« Tu croyais pouvoir te débarrasser de moi. Tu pensais qu’avec un enterrement bidon pour mes fans et pour la presse, tout serait réglé. Tu te disais : « Ce n’est qu’un pseudonyme, il n’existe même pas. » Tu te disais : « Fini George Stark, maintenant consacrons-nous à la vraie littérature… » Pauvre naïf ! Non, ne t’imagine pas que tu vas pouvoir si facilement te débarrasser de moi. Je suis ton double, ta part de ténèbres… Et j’aurai ta peau ! »
 
Thad Beaumont et son pseudonyme George Stark n’ont fait qu’un pendant douze ans. Jusqu’à ce jour où l’écrivain décide d’écrire sous son vrai nom. Alors, quand on a signé des thrillers ultraviolents, se venger de celui qui a voulu vous faire disparaître est un réel plaisir…

La part des ténèbres de Stephen King aux éditions Le livre de poche, 1989

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« Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson

« Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson

Seul quelques rares livres ont la capacité de marquer notre esprit de manière impérissable. Ils détiennent cette force de conviction, nous happent, nous enivrent et provoquent en nous un chamboulement émotionnel sans pareil. Lorsque je m’attache particulièrement à un univers romanesque, je ressens invariablement ce sentiment de douce tristesse qui persiste au-delà de la découverte de la dernière ligne. Un sentiment qui, pour le faire perdurer, se traduit par une lecture lente, une lecture permettant de savourer l’atmosphère créée par l’auteur, son talent habile à construire un récit à la fois poétique et plein de subtilités et sa manière singulière de nous livrer des personnages riches et bien pensés. « Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson est de ceux-là. C’est un récit sublime, orchestré avec finesse. C’est l’histoire d’un voyageur dans le temps profondément romantique qui nous démontre que l’amour se moque, non pas de la distance nous séparant de l’être aimé, mais qu’il se moque éperdument des frontières temporelles qu’il brave contre vents et marées. Il est aussi question de maladie, de mort et de désespoir.

Le lecteur participe invariablement à la construction d’une histoire, par sa volonté de comprendre l’intention du créateur du texte, sa capacité à débusquer la part d’explicite du voyage des mots et de déterrer ce qu’il tait, de lire cette saisissante mélodie qui nous est contée entre les lignes.

Le ressac, ce terme que Richard Matheson habille d’une incroyable poésie, aussi vigoureux soit-il, ne balaiera jamais le mélancolique voyage dans le temps que j’ai vécu intensément en lisant ce roman.

Avez-vous déjà tenté cette expérience de lecture ? Sinon, embarqueriez-vous pour ce périple émotionnel suranné ?


Résumé (4ème de couverture)

À trente-six ans, Richard Collier se sait condamné à brève échéance. Pour tromper son désespoir, il voyage, au hasard, jusqu’à échouer dans un vieil hôtel aux bords du Pacifique.Envoûté par cette demeure surannée, il tombe bientôt sous le charme d’un portrait ornant les murs de l’hôtel : celui d’Elise McKenna, une célèbre actrice ayant vécu à la fin du XIXᵉ siècle. La bibliothèque, les archives de l’hôtel lui livrent des bribes de son histoire, et peu à peu la curiosité cède le pas à l’admiration, puis à l’amour. Un amour au-delà de toute logique, si puissant qu’il lui fera traverser le temps pour rejoindre sa bien-aimée. Mais si l’on peut tromper le temps, peut-on tromper la mort ?

Le jeune homme, la mort et le temps de Richard Matheson aux éditions Folio SF, 1975 (édition originale anglais) et 2000 (édition folio SF en français)