« Alors vous ne serez plus jamais triste » de Baptiste Beaulieu

« Alors vous ne serez plus jamais triste » de Baptiste Beaulieu

Les prémisses d’un roman abritent une promesse, son point final cueille l’attente du lecteur qui se faufile entre chaque page sillonnant l’histoire qu’il déplie. Les livres sont tous identifiables au parfum qu’ils nous laissent, aux sons dont ils nous ont imprégnés, aux images qu’ils nous ont confiées, et aux émotions plus ou moins vives qu’ils ont enfantées en nous.

« Alors vous ne serez plus jamais triste » est un conte aux mille saveurs que l’on se retient de dévorer de crainte que notre empressement ne sature ses nuances, qu’il aspire ses multiples reliefs, qu’il égare sa magie et ne la condamne à son extinction définitive et malheureuse.

Il y a sans doute un moment opportun pour explorer un livre qui nous procure satisfaction. Sans doute existe-t-il des conditions rigoureuses à réunir pour étreindre un bon livre de nos mains. Il en va autrement pour les livres qui nous offrent ce quelque chose qui se situe au-delà des frontières du strict contentement, par-dessus le fil invisible qui borde des attentes primaires. Les livres merveilleux, ces univers de papier magiques, ils se dirigent vers nous sans que nous prenions conscience que nous étions destinés à ceux-là, que ce sont eux qui nous adoptent et confèrent une couleur si délectable à notre univers de lecteur que nous sommes instantanément saisis par l’idée de leur témoigner notre gratitude. Écrire ce fantastique roman a dû être un fabuleux voyage pour son auteur ; l’envelopper d’une poussière de magie afin qu’il s’achemine vers nous, lecteurs et lectrices, revêt une délicieuse liberté pour moi.

Pourquoi je ne m’autorise pas à vous livrer ne serait-ce que des bribes de cette histoire ? Car, si elle saura vous émerveiller autant qu’elle en a été capable avec moi, elle viendra à vous et « alors vous ne serez plus jamais triste ».


4e de couverture (résumé) :

Un médecin malheureux, qui ne se rappelle plus comment soigner depuis le départ de sa femme, a décidé de mettre fin à ses jours. Dans le taxi qui le mène à l’hôpital pour régler quelques affaires, il fait la connaissance de sa mystérieuse conductrice : une vieille dame excentrique capable de deviner quand les gens vont mourir. Pour convaincre le Docteur de revenir sur sa décision, elle exige sept jours durant lesquels il devra se soumettre à toutes ses fantaisies.
Le compte à rebours est lancé. Qui, du désespoir ou de la joie de vivre, l’emportera ? Avec une poésie joyeuse et une profonde sensibilité, Baptiste Beaulieu imagine une merveilleuse rencontre entre deux êtres qui cherchent à réenchanter le monde.


 

 » La vie rêvée des chaussettes orphelines  » de Marie Vareille

 » La vie rêvée des chaussettes orphelines  » de Marie Vareille

L’âme artistique authentique aiguise sa plume avec avidité, espoir et aspiration pour nous surprendre au gré des mots, des phrases, des chapitres et des histoires qu’elle nous conte. C’est l’une des choses que j’ai comprise très tôt lorsque j’eus la capacité de sonder le mystérieux pouvoir de la littérature et que ce livre m’a rappelé.

J’ai été émerveillée par la profondeur du récit imaginé par Marie Vareille. La romancière renferme des fragments d’histoires tendant à s’unifier, se consolider dans cette couverture, cette enveloppe aux couleurs pétillantes et acidulées, et au titre improbable et déroutant qui éveille notre intérêt autant qu’il nous déroute. Un brin excentrique, en marge des attentes conventionnelles, son apparence nous stimule autant qu’elle nous interroge. Au-delà de l’amour traité avec finesse, décortiqué avec attention et approfondi avec justesse et émotion, la romancière métamorphose et sublime notre regard sur le poids des apparences et des croyances puissantes et illusoires qu’elles engendrent souvent dans nos esprits.

Une question persiste à nous tenir en haleine : Au-delà de la triviale et pour le moins déconcertante image initiale des chaussettes esseulées qui plane à la surface du papier, s’agit-il d’une vie rêvée ou d’un rêve de vie que l’on tente de reconstituer à chaque fois que notre main abandonne une page pour s’immerger dans la suivante ?


4ème de couverture (résumé) :

En apparence, Alice va très bien (ou presque). En réalité, elle ne dort plus sans somnifères, souffre de troubles obsessionnels compulsifs et collectionne les crises d’angoisse à l’idée que le drame qu’elle a si profondément enfoui quelques années plus tôt refasse surface. Américaine fraîchement débarquée à Paris, elle n’a qu’un objectif : repartir à zéro et se reconstruire. Elle accepte alors de travailler dans une start-up dirigée par un jeune PDG fantasque dont le projet se révèle pour le moins… étonnant : il veut réunir les chaussettes dépareillées de par le monde. La jeune femme ne s’en doute pas encore, mais les rencontres qu’elle va faire dans cette ville inconnue vont bouleverser sa vie. Devenue experte dans l’art de mettre des barrières entre elle et les autres, jusqu’à quand Alice arrivera-t-elle à dissimuler la vérité sur son passé ?

La vie rêvée des chaussettes orphelines de Marie Vareille aux éditions Charleston, 2020