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« Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson

« Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson

Seul quelques rares livres ont la capacité de marquer notre esprit de manière impérissable. Ils détiennent cette force de conviction, nous happent, nous enivrent et provoquent en nous un chamboulement émotionnel sans pareil. Lorsque je m’attache particulièrement à un univers romanesque, je ressens invariablement ce sentiment de douce tristesse qui persiste au-delà de la découverte de la dernière ligne. Un sentiment qui, pour le faire perdurer, se traduit par une lecture lente, une lecture permettant de savourer l’atmosphère créée par l’auteur, son talent habile à construire un récit à la fois poétique et plein de subtilités et sa manière singulière de nous livrer des personnages riches et bien pensés. « Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson est de ceux-là. C’est un récit sublime, orchestré avec finesse. C’est l’histoire d’un voyageur dans le temps profondément romantique qui nous démontre que l’amour se moque, non pas de la distance nous séparant de l’être aimé, mais qu’il se moque éperdument des frontières temporelles qu’il brave contre vents et marées. Il est aussi question de maladie, de mort et de désespoir.

Le lecteur participe invariablement à la construction d’une histoire, par sa volonté de comprendre l’intention du créateur du texte, sa capacité à débusquer la part d’explicite du voyage des mots et de déterrer ce qu’il tait, de lire cette saisissante mélodie qui nous est contée entre les lignes.

Le ressac, ce terme que Richard Matheson habille d’une incroyable poésie, aussi vigoureux soit-il, ne balaiera jamais le mélancolique voyage dans le temps que j’ai vécu intensément en lisant ce roman.

Avez-vous déjà tenté cette expérience de lecture ? Sinon, embarqueriez-vous pour ce périple émotionnel suranné ?


Résumé (4ème de couverture)

À trente-six ans, Richard Collier se sait condamné à brève échéance. Pour tromper son désespoir, il voyage, au hasard, jusqu’à échouer dans un vieil hôtel aux bords du Pacifique.Envoûté par cette demeure surannée, il tombe bientôt sous le charme d’un portrait ornant les murs de l’hôtel : celui d’Elise McKenna, une célèbre actrice ayant vécu à la fin du XIXᵉ siècle. La bibliothèque, les archives de l’hôtel lui livrent des bribes de son histoire, et peu à peu la curiosité cède le pas à l’admiration, puis à l’amour. Un amour au-delà de toute logique, si puissant qu’il lui fera traverser le temps pour rejoindre sa bien-aimée. Mais si l’on peut tromper le temps, peut-on tromper la mort ?

Le jeune homme, la mort et le temps de Richard Matheson aux éditions Folio SF, 1975 (édition originale anglais) et 2000 (édition folio SF en français)

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« Origami blues » de Sarah Clain

« Origami blues » de Sarah Clain

Je referme ce livre qui se conclut à la page 212, et emporte ce monde avec moi, un sentiment de blues naissant. J’ai voyagé dans cet univers onirique qui me laisse un sentiment d’espoir. J’y ai aperçu un décor à l’atmosphère de tous les possibles, une atmosphère où ciel et terre se confondent et fusionnent. J’ai alors observé la magie qui se dégageait de la boutique d’origamis de Florence, cette héroïne nostalgique et secrète. À l’intérieur, après avoir passé la porte, le ciel paraissait si proche qu’il semblait se confondre avec la devanture, comme s’il était à portée de main, d’un bleu profond, tapissé d’étoiles scintillantes et, lorsque j’ai orienté mon regard vers le sol, je suis allée à la rencontre du papier, ce matériau ancien que l’on chérit tant. Il est apparu dans mon champ de vision et quelque chose de mystérieux s’est produit. Il était abondant, s’entassait, se métamorphosait. Il était outil, et témoignait d’un rôle crucial, celui de participer au tissage de relations qui constituent le monde de chacun d’entre nous, notre précieux univers, ce microcosme dans lequel nous gravitons.

L’auteure du roman nous incite à pénétrer dans la bulle de l’héroïne, à suivre, tel un jeu de pistes, les indices, parcelles de son adolescence, qui parsèment ce récit et le transforment en véritable ode à la jeunesse, à l’amour, à l’espoir, mais surtout, à la vie.

Avez-vous, comme moi, découvert et apprécié l’univers énigmatique de Florence et de ses origamis ?


Résumé (4ème de couverture)

Entourée de grues, de dragons et autres merveilles de papier coloré, Florence est heureuse. Sa boutique spécialisée dans l’art du pliage japonais est un véritable petit paradis dans lequel elle évolue, loin des démons de son passé. Elle a façonné sa vie comme on crée un origami, avec un soin impeccable, jusqu’à être satisfaite du résultat. Mais un origami cache de nombreux plis, et l’apparence parfaite de la vie de Florence est une illusion qui ne demande qu’à se briser.

Un étudiant qui entre dans sa boutique, sa sœur, qui part s’installer à l’étranger, un bel homme qui croise sa route, et voilà que petit à petit, tous les secrets de Florence se déplient. Parfois, la seule façon d’avancer est de tout remettre à plat…

Origami blues de Sarah Clain aux Éditions Charleston, 2021

« On s’est aimés comme on se quitte » de Charlie Wat

« On s’est aimés comme on se quitte » de Charlie Wat

Le temps est ensoleillé aujourd’hui à Liège. Le ciel est bleu, la brise est légère. Je me suis attablée à mon bureau afin d’écrire, mais j’ignorais encore le sujet que j’allais aborder. Il y a des jours comme ceux-là où l’inspiration ne semble pas de la partie mais qu’une envie irrépressible d’ordonner notre capharnaüm d’idées s’empare de nous. C’est là que les joyeux et touchants personnages du doux roman de Charlie Wat, Denis, Sandrine, Ludovic, François et Lola, ont rapidement habité mes réflexions, stimulant ma mémoire, me replongeant dans le voyage original que nous propose l’auteure.

Sandrine m’a ainsi tendu son journal intime, et un sourire s’installa à nouveau sur mon visage depuis ma lecture de cette émouvante histoire. Elle y retraçait sa vie de femme comblée et éperdument amoureuse de son mari qui, partageant pourtant le bonheur de sa complice, s’est égaré au fil du temps, au fil des événements. Denis finit par déserter ce tableau idyllique qu’elle façonnait au gré des pages. Il perdit le sens des priorités, l’essence des choses, les valeurs qui lui étaient, autrefois, si précieuses. L’amour de sa vie décide de donner un nouveau souffle à son existence en se remariant et Denis, accompagné de François, son père négligeant, et de Ludo, son fils blasé, se résout à mettre tout en œuvre pour empêcher ce désastre de se produire. Le périple s’accélère, les péripéties se multiplient avec amour et humour et les pièces du puzzle qui se façonnent finissent par produire une réalité inattendue qui nous surprend par son originalité jusqu’au point final.

Connaissez-vous ce roman qui fait partie de la sélection Prix des lectrices Charleston 2021 ?


Résumé (4ème de couverture)

Denis, 45 ans, est un homme triste. Englué dans ses problèmes de travail, ne sachant plus communiquer ni avec son fils ni avec son père, il voit son existence lui glisser entre les doigts.

Mais quand il apprend par inadvertance que son ex-femme doit en épouser un autre dans trois jours à l’autre bout de la France, il refuse de laisser passer sa chance et s’embarque pour un improbable voyage. Un périple au bout duquel il pourrait trouver tout autre chose que ce qu’il cherchait.

On s’est aimés comme on se quitte, c’est l’histoire d’un homme ordinaire, bien décidé à tenter l’extraordinaire pour reconquérir l’amour de sa vie.

On s’est aimés comme on se quitte de Charlie Wat aux Éditions Charleston, 2021