« Personne n’aime comme nous » de Vladimir Nabokov

« Personne n’aime comme nous » de Vladimir Nabokov

« Mais il y a des choses dont il est difficile de parler, de peur que le contact des mots n’efface leur merveilleux pollen… »

Un frisson franc. Cette sensation d’un amalgame de force et de puissance inouïes et simultanées. Les lettres de Vladimir Nabokov à sa femme Vera m’ont foudroyée à la seule découverte des premières lignes de ce merveilleux recueil. La richesse de sa plume allie réalisme et rêverie avec une telle finesse qu’elle apparaît comme indécelable.

J’aime me perdre dans la littérature, mais ce que j’aime pardessus tout, c’est d’y rencontrer la beauté infinie dans le quotidien, le formidable dans l’ordinaire. Ce merveilleux pollen : une phrase, deux mots et une image qui possède cet étonnant pouvoir de faire chavirer le cœur, mais aussi les souvenirs.

Et c’est dans l’urgence du partage que je vous communique mes premières émotions sur ce livre que je vais déguster avec parcimonie, chaque jour, pour en apprécier toute l’essence jusqu’à ce que j’explore à nouveau l’univers de cet écrivain hors du commun.

Merci aux éditions 1001 nuits de publier des trésors si précieux. Si vous ne connaissez pas encore cette collection, le moment est peut-être aussi venu pour vous de flirter avec la prochaine lecture qui apportera un nouveau souffle à vos coups de cœur.


4e de couverture :

Recueil de lettres écrites par Vladimir Nabokov à son amour Vera.

Personne n’aime comme nous de Vladimir Nabokov aux éditions 1001 nuits, 2022

 » Résonances. Journal d’un amour perdu  » de Malo de Brume

 » Résonances. Journal d’un amour perdu  » de Malo de Brume

Les instants s’effondrent dans l’oubli et personne ne peut ralentir leur course agile. Ils embrasent l’air de leurs cendres tel un orage, intense, vif, tumultueux, et pourtant si gorgé de lumière. La lecture de « Résonances » a laissé cette empreinte en moi ; caractéristique, indomptable, originale, telle une étincelle qui s’évanouit au creux du cœur.

Et je m’interrogeais perpétuellement : l’oubli lutte-t-il pour se déraciner d’une existence qu’il préfère abandonner ou existe-t-il parce qu’il est le seul à se matérialiser lorsque l’on ne le laisse pas s’étioler ?

Les émotions qui m’ont habitée le temps de ce voyage des mots et des sens ont été indomptables, profondes, comme l’orage, ce feu orangé qui écorche le ciel avec vivacité.

Était-ce Natalia et Malo qui, à l’âge d’or de leur complicité, à l’apogée de leur union, m’ont murmuré les sentiments qui les reliaient l’un à l’autre ? Une chose demeure sans équivoque : je suis restée sur le rivage à guetter le souvenir de leur amour qui fleurit toujours et pour l’éternité.

Merci à Malo pour sa jolie plume dotée de la conviction que la poésie cicatrise les maux.

Figurer dans les remerciements de ce texte indélébile est un honneur pour moi, passionnée et professionnelle des mots, lectrice éternelle et admiratrice des embruns littéraires de cet auteur.

Si vous n’avez pas encore découvert son premier livre, plongez-y avec avidité, le voyage sera assurément beau et fort à la fois.


4ème de couverture (résumé) :

Il existe des amours au-delà de toutes limites, des histoires passionnelles, lumineuses et farouches que rien ne peut détruire, même la mort.

 » Résonances « , c’est le journal d’un homme qui ne peut se résoudre à oublier, le journal d’un amour perdu.

Chaque page est un souffle, un frisson, une caresse. Chaque mot est une cellule de vie, parce que l’amour survit à tout.

Ce n’est pas une romance, c’est bien plus brûlant, plus fort, plus rugueux.

C’est la réalité.

Résonances. Journal d’un amour perdu de Malo de Brume, autoédition, 2022

 » Le plus bel endroit du monde est ici  » de Francesc Miralles et Care Santos

 » Le plus bel endroit du monde est ici  » de Francesc Miralles et Care Santos

« Le plus bel endroit du monde est ici ». À la simple évocation du titre de ce court roman, mes yeux s’embuent, mes lèvres s’étirent spontanément en un sourire paisible et mon regard, je le sais, se pare d’une douce chaleur. L’émotion m’enveloppe, et ce n’est pas tout à fait de la tristesse ; l’émotion m’étreint, et ce n’est pas tout à fait de la nostalgie ; l’émotion me submerge, et je comprends qu’un tourbillon de bonheur indéchiffrable m’a emportée dans sa vague, et mon cœur bat au rythme d’une magie mystique.

Un rayon de soleil s’infiltre entre les pages de mon livre et les mots ondulent sur le papier, ils concourent à la construction du monde fabuleux d’Iris, cette héroïne fragile et authentique dont le regard face aux évènements de la vie est sans cesse mis à l’épreuve. À présent, j’ai l’intime conviction que, pour vivre mille vies au travers de la lecture, je devais prendre la place d’Iris pour flotter dans les airs et m’autoriser des rêveries illimitées.


4e de couverture (résumé) :

Iris a 36 ans et des idées noires plein la tête : ses parents viennent de disparaître dans un tragique accident et, en une seconde, toute sa vie a basculé. Par un après-midi froid et gris, elle songe même à en finir. Son regard se pose alors sur la devanture d’un café auquel elle n’avait jamais prêté attention auparavant. Son nom étrange, Le plus bel endroit du monde est ici, éveille sa curiosité. L’intérieur est plus intrigant encore, comme sorti d’un rêve. Tout y semble magique, à commencer par Luca, bel Italien porteur d’une promesse : le bonheur.

Le plus bel endroit du monde est ici de Francesc Miralles et Care Santos aux éditions pocket, 2014

 » Le prophète  » de Khalil Gibran

 » Le prophète  » de Khalil Gibran

 » Possédez-vous des souvenirs, ces arches miroitantes qui franchissent les cimes de l’esprit ? « 

Une chose essentielle m’a frappée lorsque j’ai découvert les premières pages de ce texte, c’est que certains livres recèlent tant de symboles et d’idées à philosopher qu’une lecture unique les condamneraient à n’être qu’une accumulation d’encre sur du papier, des mots errants sans fondement, des concepts creux sans écho.

Ce livre est comme un bouquet de fleurs que l’on confectionne. Chaque lecture nous enchante par sa poésie ; chaque question nous plonge dans la réflexion  et, comme si cela ne suffisait pas, par le voyage intérieur qu’il nous offre est si fascinant que chaque phrase nous confère la soif de ne jamais cesser d’explorer les âmes et l’humanité.

Et vous, qu’avez-vous ressenti en lisant  » Le prophète  » ?


4e de couverture (résumé) :

Une langue limpide, des images évocatrices et forte : à travers l’enseignement d’Al-Mustafa se dessinent quelques-uns des trésors de l’expérience humaine. Rien n’échappe à la leçon du Sage : amour, joie, liberté, douleur, connaissance de soi, beauté, couple, passion, mort… La vie la plus intime, comme les problèmes les plus quotidien. Hymne à la vie et à l’épanouissement de soi, Le Prophète s’impose désormais comme l’un des textes cultes du XXème siècle.

Le prophète de Khalil Gibran aux éditions Le livre de poche, 1993 (1e édition 1923)

 » Le souffle des rêves  » de Clarisse Sabard

 » Le souffle des rêves  » de Clarisse Sabard

L’aurore. Ce terme empli de poésie et de promesse se matérialise en vagues successives de couleurs chaudes dès lors qu’il est prononcé. Il incarne cet instant où l’on se surprend à être ensorcelé par la magnificence et la douceur qui s’empare du ciel au petit matin. Et dès lors que je retranscris cette pensée, je me remémore l’époustouflante épopée de la remarquable héroïne Lucy que Clarisse Sabard dépeint de sorte à nous procurer tant d’émotions. Au fil de son histoire, l’on se passionne pour sa résilience, l’on compatit pour ses malheurs, mais, surtout, l’on conserve l’espoir d’un jour nouveau. Refermer « Le souffle des rêves », c’est demeurer extatique face à cette image céleste naturelle et mystérieuse de l’insaisissable ; c’est se sentir contraint de quitter un univers romanesque dans lequel on a plongé avec délectation ; c’est saisir la grandeur et l’importance que les rêves ont le devoir d’occuper dans nos vies ; c’est contempler l’horizon et, quoi que l’on y entr’aperçoit, ne jamais cesser de les forger à notre image.


4ème de couverture (résumé) :

New York, 1987.

Coincée entre un travail de chroniqueuse musicale qui ne lui convient plus et un mari qui voudrait la voir abandonner sa carrière pour devenir mère, Abigail O’Dell a besoin de souffler. Alors qu’elle n’est pas retournée en Irlande depuis l’enterrement de sa grand-mère Lucy, Abby s’envole vers la terre de ses ancêtres, dans l’espoir que ce retour aux sources lui permettra d’obtenir des réponses sur son passé familial troublé et de se rapprocher enfin de sa mère qui l’a abandonnée enfant.

C’est en découvrant des cassettes audio enregistrées par Lucy peu de temps avant sa disparition qu’Abby va faire un bond dans le temps et revenir au début du siècle. Car tout a commencé lorsque la jeune Lucy a pris le bateau pour New York…

Le souffle des rêves de Clarisse Sabard aux éditions Charleston, 2022

 » La vie rêvée des chaussettes orphelines  » de Marie Vareille

 » La vie rêvée des chaussettes orphelines  » de Marie Vareille

L’âme artistique authentique aiguise sa plume avec avidité, espoir et aspiration pour nous surprendre au gré des mots, des phrases, des chapitres et des histoires qu’elle nous conte. C’est l’une des choses que j’ai comprise très tôt lorsque j’eus la capacité de sonder le mystérieux pouvoir de la littérature et que ce livre m’a rappelé.

J’ai été émerveillée par la profondeur du récit imaginé par Marie Vareille. La romancière renferme des fragments d’histoires tendant à s’unifier, se consolider dans cette couverture, cette enveloppe aux couleurs pétillantes et acidulées, et au titre improbable et déroutant qui éveille notre intérêt autant qu’il nous déroute. Un brin excentrique, en marge des attentes conventionnelles, son apparence nous stimule autant qu’elle nous interroge. Au-delà de l’amour traité avec finesse, décortiqué avec attention et approfondi avec justesse et émotion, la romancière métamorphose et sublime notre regard sur le poids des apparences et des croyances puissantes et illusoires qu’elles engendrent souvent dans nos esprits.

Une question persiste à nous tenir en haleine : Au-delà de la triviale et pour le moins déconcertante image initiale des chaussettes esseulées qui plane à la surface du papier, s’agit-il d’une vie rêvée ou d’un rêve de vie que l’on tente de reconstituer à chaque fois que notre main abandonne une page pour s’immerger dans la suivante ?


4ème de couverture (résumé) :

En apparence, Alice va très bien (ou presque). En réalité, elle ne dort plus sans somnifères, souffre de troubles obsessionnels compulsifs et collectionne les crises d’angoisse à l’idée que le drame qu’elle a si profondément enfoui quelques années plus tôt refasse surface. Américaine fraîchement débarquée à Paris, elle n’a qu’un objectif : repartir à zéro et se reconstruire. Elle accepte alors de travailler dans une start-up dirigée par un jeune PDG fantasque dont le projet se révèle pour le moins… étonnant : il veut réunir les chaussettes dépareillées de par le monde. La jeune femme ne s’en doute pas encore, mais les rencontres qu’elle va faire dans cette ville inconnue vont bouleverser sa vie. Devenue experte dans l’art de mettre des barrières entre elle et les autres, jusqu’à quand Alice arrivera-t-elle à dissimuler la vérité sur son passé ?

La vie rêvée des chaussettes orphelines de Marie Vareille aux éditions Charleston, 2020

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« La mémoire des embruns » de Karen Viggers

« La mémoire des embruns » de Karen Viggers

Posé sur une surface bancale, le livre vacille avec fragilité. Les paupières mi closes, je distingue les pages qui se déplient au gré du hasard, sous l’impulsion d’une bourrasque d’air marin. L’eau salé caresse mon visage, mes cheveux ondulent avec le vent, et mon imagination m’ancre dans ces contrées vivaces, sauvages, inconnues, mais si majestueuses. Je me sens hypnotisée par la Nature australienne. Une mélancolie vertigineuse déferle sur le papier renfermant cette histoire. Chaque paragraphe transporte une tristesse constante de réalisme, chaque dialogue comporte un souffle de regrets, et Karen Viggers me charme davantage à mesure que les secrets abrités par l’île Bruny et son phare se dévoilent.

L’histoire contée par la romancière, c’est un hommage chaleureux et grave à la fois à l’honneur guidant nos choix, à l’amour balayant nos erreurs et à la dignité apaisant nos souffrances. Quelques jours après ma lecture, les émotions m’étreignent encore, les paysages se matérialisent dans mon imagination, et « la mémoire des embruns » sommeille dans mon esprit.

Avez-vous déjà entrepris un voyage livresque en Australie à travers les romans de Karen Viggers ?


4ème de couverture (résumé) :

Mary est âgée, sa santé se dégrade. Elle décide de passer ses derniers jours à Bruny, île de Tasmanie balayée par les vents où elle a vécu ses plus belles années auprès de son mari, le gardien du phare. Les retrouvailles avec la terre aimée prennent des allures de pèlerinage. Entre souvenirs et regrets, Mary retourne sur les lieux de son ancienne vie pour tenter de réparer ses erreurs. Entourée de Tom, le seul de ses enfants à comprendre sa démarche, un homme solitaire depuis son retour d’Antarctique et le divorce qui l’a détruit, elle veut trouver la paix avant de mourir. Mais le secret qui l’a hantée durant des décennies menace d’être révélé et de mettre en péril son fragile équilibre.
Une femme au crépuscule de sa vie, un homme incapable de savourer pleinement la sienne, une émouvante histoire d’amour, de perte et de non-dits sur fond de nature sauvage et mystérieuse.

La mémoire des embruns de Karen Viggers aux éditions Le lire de poche, 2016

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« Le jardin de l’oubli » de Clarisse Sabard

« Le jardin de l’oubli » de Clarisse Sabard

Inlassablement, j’aime l’idée de me perdre dans les livres enchanteurs de Clarisse Sabard. Ses histoires font poindre en moi cette sensation familière que j’ai plaisir à retrouver dans chacune de ses parutions. Ses héroïnes du passé sont invariablement combatives et le revendiquent ; quant à celles du présent, la confrontation avec leurs ancêtres fait naître un questionnement nécessaire pour leur construction en devenir.

La mémoire, les écrits, l’oubli, les arts, la littérature, une Agathe persévérante et courageuse, une Faustine maladroite et tâtonnante, celles et ceux qui les ont connues. C’est avec ce savant mélange d’ingrédients imparables que la romancière a, encore une fois, parsemé mon ciel de lectrice d’étoiles, mais aussi d’un espoir, celui du rêve d’Agathe qui ne cesse de briller en quête de renaissance d’un jardin que je ne peux désormais plus me résigner à faire tomber dans l’oubli.


4ème de couverture (résumé) :

La jeune Agathe, repasseuse, fait la connaissance de la belle Otero, célèbre danseuse, dans la villa dans laquelle elle est employée. Une rencontre qui va bouleverser sa vie, deux destins liés à jamais par le poids d’un secret.

Un siècle plus tard, Faustine, journaliste qui se remet tout juste d’une dépression, se rend dans l’arrière-pays-niçois afin d’écrire un article sur la Belle-Epoque. Sa grand-tante va lui révéler l’histoire d’Agathe, leur aïeule hors du commun.
En plongeant dans les secrets de sa famille, la jeune femme va remettre en question son avenir. Et la présence du ténébreux mais très secret Sébastien y est également pour quelque chose…

Le jardin de l’oubli de Clarisse Sabard aux éditions Charleston, 2019

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« Brûlant secret » de Stefan Zweig

« Brûlant secret » de Stefan Zweig

« Dehors, un vent léger agitait les arbres, et la résille de leurs branches nues brisait en mille éclats mouvants le miroir immobile de la lune. » Une remarquable poésie découle des mots de Stefan Zweig, c’est indéniable. Il a cet incroyable don de bercer tout amoureux des mots. Et lorsque l’on s’essaie à parler de ses écrits, la première pensée nous traversant l’esprit est sa capacité à dépeindre la complexité des émotions humaines qui suffit à être repérée à la lecture d’un seul de ses livres. Il sait en décortiquer finement ses nuances subtiles et dévoiler ses zones obscures avec une vivacité passionnée. Ici, les protagonistes sont anonymes, il ne juge pas utile de les encombrer d’un nom. Dépouillés de toute identité individuelle, seule l’étiquette d’appartenance de genre compte. L’histoire est simple, linéaire, valorisant ainsi les thèmes au cœur de ce récit: l’amour et la trahison qui en découle, ce brûlant secret capable de consumer notre âme.

« Brulant secret » est la première histoire que j’ai lue de cet auteur et j’ai été enivrée par son style et sa manière de voir le monde. J’ai, par la suite, lu deux autres de ses livres, mais c’est celui-ci qui, sans conteste, est mon favori.

Êtes-vous, comme cela est mon cas, tombé en admiration pour la plume de cet auteur ?

Lequel de ses écrits avez-vous préféré ?


4ème de couverture (résumé) :

Seul, un jeune aristocrate foule le quai de gare d’une station de montagne. Arrivé à son hôtel, à l’affût de la moindre rencontre, il entrevoit une femme élégante, l’air lointain, en compagnie d’un garçonnet. Prêt à tout pour la conquérir, il va feindre l’éclosion d’une amitié avec le fils pour atteindre la mère. Et bientôt, le petit Edgar ne comprendra pas la raison, celle qu’on lui tait et qu’il pressent brûlante, de leur soudaine métamorphose…

«Oh, le savoir, savoir enfin ce secret, le comprendre, tenir cette clef qui ouvre toutes les portes, ne plus être l’enfant à qui l’on cache et dissimule tout, ne plus être celui qu’on berne et qu’on dupe. C’est le moment ou jamais! Je vais bien le leur arracher, ce terrible secret.»

Brûlant secret de Stefan Zweig aux éditions folio, 2018

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« Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson

« Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson

Seul quelques rares livres ont la capacité de marquer notre esprit de manière impérissable. Ils détiennent cette force de conviction, nous happent, nous enivrent et provoquent en nous un chamboulement émotionnel sans pareil. Lorsque je m’attache particulièrement à un univers romanesque, je ressens invariablement ce sentiment de douce tristesse qui persiste au-delà de la découverte de la dernière ligne. Un sentiment qui, pour le faire perdurer, se traduit par une lecture lente, une lecture permettant de savourer l’atmosphère créée par l’auteur, son talent habile à construire un récit à la fois poétique et plein de subtilités et sa manière singulière de nous livrer des personnages riches et bien pensés. « Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson est de ceux-là. C’est un récit sublime, orchestré avec finesse. C’est l’histoire d’un voyageur dans le temps profondément romantique qui nous démontre que l’amour se moque, non pas de la distance nous séparant de l’être aimé, mais qu’il se moque éperdument des frontières temporelles qu’il brave contre vents et marées. Il est aussi question de maladie, de mort et de désespoir.

Le lecteur participe invariablement à la construction d’une histoire, par sa volonté de comprendre l’intention du créateur du texte, sa capacité à débusquer la part d’explicite du voyage des mots et de déterrer ce qu’il tait, de lire cette saisissante mélodie qui nous est contée entre les lignes.

Le ressac, ce terme que Richard Matheson habille d’une incroyable poésie, aussi vigoureux soit-il, ne balaiera jamais le mélancolique voyage dans le temps que j’ai vécu intensément en lisant ce roman.

Avez-vous déjà tenté cette expérience de lecture ? Sinon, embarqueriez-vous pour ce périple émotionnel suranné ?


Résumé (4ème de couverture)

À trente-six ans, Richard Collier se sait condamné à brève échéance. Pour tromper son désespoir, il voyage, au hasard, jusqu’à échouer dans un vieil hôtel aux bords du Pacifique.Envoûté par cette demeure surannée, il tombe bientôt sous le charme d’un portrait ornant les murs de l’hôtel : celui d’Elise McKenna, une célèbre actrice ayant vécu à la fin du XIXᵉ siècle. La bibliothèque, les archives de l’hôtel lui livrent des bribes de son histoire, et peu à peu la curiosité cède le pas à l’admiration, puis à l’amour. Un amour au-delà de toute logique, si puissant qu’il lui fera traverser le temps pour rejoindre sa bien-aimée. Mais si l’on peut tromper le temps, peut-on tromper la mort ?

Le jeune homme, la mort et le temps de Richard Matheson aux éditions Folio SF, 1975 (édition originale anglais) et 2000 (édition folio SF en français)