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« Origami blues » de Sarah Clain

« Origami blues » de Sarah Clain

Je referme ce livre qui se conclut à la page 212, et emporte ce monde avec moi, un sentiment de blues naissant. J’ai voyagé dans cet univers onirique qui me laisse un sentiment d’espoir. J’y ai aperçu un décor à l’atmosphère de tous les possibles, une atmosphère où ciel et terre se confondent et fusionnent. J’ai alors observé la magie qui se dégageait de la boutique d’origamis de Florence, cette héroïne nostalgique et secrète. À l’intérieur, après avoir passé la porte, le ciel paraissait si proche qu’il semblait se confondre avec la devanture, comme s’il était à portée de main, d’un bleu profond, tapissé d’étoiles scintillantes et, lorsque j’ai orienté mon regard vers le sol, je suis allée à la rencontre du papier, ce matériau ancien que l’on chérit tant. Il est apparu dans mon champ de vision et quelque chose de mystérieux s’est produit. Il était abondant, s’entassait, se métamorphosait. Il était outil, et témoignait d’un rôle crucial, celui de participer au tissage de relations qui constituent le monde de chacun d’entre nous, notre précieux univers, ce microcosme dans lequel nous gravitons.

L’auteure du roman nous incite à pénétrer dans la bulle de l’héroïne, à suivre, tel un jeu de pistes, les indices, parcelles de son adolescence, qui parsèment ce récit et le transforment en véritable ode à la jeunesse, à l’amour, à l’espoir, mais surtout, à la vie.

Avez-vous, comme moi, découvert et apprécié l’univers énigmatique de Florence et de ses origamis ?


Résumé (4ème de couverture)

Entourée de grues, de dragons et autres merveilles de papier coloré, Florence est heureuse. Sa boutique spécialisée dans l’art du pliage japonais est un véritable petit paradis dans lequel elle évolue, loin des démons de son passé. Elle a façonné sa vie comme on crée un origami, avec un soin impeccable, jusqu’à être satisfaite du résultat. Mais un origami cache de nombreux plis, et l’apparence parfaite de la vie de Florence est une illusion qui ne demande qu’à se briser.

Un étudiant qui entre dans sa boutique, sa sœur, qui part s’installer à l’étranger, un bel homme qui croise sa route, et voilà que petit à petit, tous les secrets de Florence se déplient. Parfois, la seule façon d’avancer est de tout remettre à plat…

Origami blues de Sarah Clain aux Éditions Charleston, 2021

« Paroles d’artiste » – Frida Kahlo

« Paroles d’artiste » – Frida Kahlo

J’ai longuement fixé les peintures de Frida Kahlo. Je les ai observées, scrutées, décortiquées, élément par élément, couleur par couleur. C’est curieux comme une âme artiste est capable de nous instiller sa souffrance en nous abandonnant une parcelle de son existence, simplement. Je l’ai sentie tâtonner au travers de ses œuvres, traverser péniblement les méandres du désespoir, j’ai vu la noirceur l’engloutir, comme quelqu’un d’impuissant, interdit d’action. J’ai entendu un cri de douleur déchirant retentir et, soudain, l’éclosion s’est produite : l’artiste était né. Celui avec un A majuscule, celui qui nous hypnotise avec le mystère et la force émanant de ses œuvres, celui qu’elle rejette et refuse d’incarner. Et pourtant, à travers les pages de « Paroles d’artiste », elle m’a dévoilé le contraire. Elle m’a montré la voie du courage, celle d’une femme déterminée, d’un être unique au tempérament brumeux et sombre.

Personnellement, j’ai beaucoup apprécié la lecture de ce petit livre des éditions FAGE car ce format permet de s’initier à l’œuvre d’un artiste de manière succincte en s’attardant sur une forme de rapport intime de l’artiste à son public. C’est une sorte d’initiation à son univers créatif, à son monde intérieur par le biais de propos, de réflexions et de présentation de quelques œuvres emblématiques.

Et vous, ces mini livres sur les artistes vous tentent ou vous les avez déjà découverts ?

Vous appréciez l’univers de Frida Kahlo ?


Résumé (4ème de couverture) / Édition bilingue francais-anglais

« J’en ai strictement rien à foutre de ce que tout le monde peut bien penser. Je suis née pute, je suis née peintre, je suis née chieuse, mais j’ai été heureuse tout au long de ma vie. (…) Je suis simplement qui je suis, mais toi, qui es-tu ? »

Frida Kahlo, Paroles d’artiste, FAGE éditions, 2017

« On s’est aimés comme on se quitte » de Charlie Wat

« On s’est aimés comme on se quitte » de Charlie Wat

Le temps est ensoleillé aujourd’hui à Liège. Le ciel est bleu, la brise est légère. Je me suis attablée à mon bureau afin d’écrire, mais j’ignorais encore le sujet que j’allais aborder. Il y a des jours comme ceux-là où l’inspiration ne semble pas de la partie mais qu’une envie irrépressible d’ordonner notre capharnaüm d’idées s’empare de nous. C’est là que les joyeux et touchants personnages du doux roman de Charlie Wat, Denis, Sandrine, Ludovic, François et Lola, ont rapidement habité mes réflexions, stimulant ma mémoire, me replongeant dans le voyage original que nous propose l’auteure.

Sandrine m’a ainsi tendu son journal intime, et un sourire s’installa à nouveau sur mon visage depuis ma lecture de cette émouvante histoire. Elle y retraçait sa vie de femme comblée et éperdument amoureuse de son mari qui, partageant pourtant le bonheur de sa complice, s’est égaré au fil du temps, au fil des événements. Denis finit par déserter ce tableau idyllique qu’elle façonnait au gré des pages. Il perdit le sens des priorités, l’essence des choses, les valeurs qui lui étaient, autrefois, si précieuses. L’amour de sa vie décide de donner un nouveau souffle à son existence en se remariant et Denis, accompagné de François, son père négligeant, et de Ludo, son fils blasé, se résout à mettre tout en œuvre pour empêcher ce désastre de se produire. Le périple s’accélère, les péripéties se multiplient avec amour et humour et les pièces du puzzle qui se façonnent finissent par produire une réalité inattendue qui nous surprend par son originalité jusqu’au point final.

Connaissez-vous ce roman qui fait partie de la sélection Prix des lectrices Charleston 2021 ?


Résumé (4ème de couverture)

Denis, 45 ans, est un homme triste. Englué dans ses problèmes de travail, ne sachant plus communiquer ni avec son fils ni avec son père, il voit son existence lui glisser entre les doigts.

Mais quand il apprend par inadvertance que son ex-femme doit en épouser un autre dans trois jours à l’autre bout de la France, il refuse de laisser passer sa chance et s’embarque pour un improbable voyage. Un périple au bout duquel il pourrait trouver tout autre chose que ce qu’il cherchait.

On s’est aimés comme on se quitte, c’est l’histoire d’un homme ordinaire, bien décidé à tenter l’extraordinaire pour reconquérir l’amour de sa vie.

On s’est aimés comme on se quitte de Charlie Wat aux Éditions Charleston, 2021

La Kube

La Kube

Chez Kube, nous adorons vous permettre de partir en voyage intérieur, nous communiquent les fondateurs avec enthousiasme dans la préface de juillet, ce mini magazine informatif qu’ils glissent avec soin dans chacune des box littéraires qu’ils concoctent chaque mois avec inventivité pour leurs abonnés.

J’ai testé cette box il y a 7 mois déjà et, depuis, je guette chaque réception avec impatience ! J’essaie toujours d’imaginer le thème autour duquel elle sera pensée, les surprises complétant l’expérience de lecture, les thés et autres gourmandises à savourer, les extraits littéraires proposés par la maison d’édition invitée et surtout quel livre sera sélectionné sur base de ma demande personnalisée.

D’ailleurs, je tiens à remercier le libraire Kube, Antonin, qui, depuis le début de cette aventure, témoigne de sa passion pour la littérature en opérant des choix toujours judicieux m’ayant permis de découvrir des lectures surprenantes et originales, malgré mes demandes exigeantes.

Et vous, avez-vous déjà expérimenté le concept des box littéraires ?

Qu’en pensez-vous ?

« Écriture. Mémoire d’un métier. » de Stephen King

« Écriture. Mémoire d’un métier. » de Stephen King

Comment les écrivains de grand talent parviennent-ils à nous envoûter ? Existe-il un quelconque secret de fabrication du roman au succès imparable ? C’est une interrogation sur laquelle je me suis longuement penchée lorsque, en tant que freelance, j’ai commencé à accompagner de jeunes auteurs dans leur processus de création. Parsemé d’extraits biographiques saisissants couplés à de précieux conseils d’écriture saupoudrés d’une bienveillance encourageante et d’une vivacité d’esprit certaine, cet essai de Stephen King traite du sujet avec des allures de confidences entre amis.

La parole écrite du king ferait écho dans l’esprit de tous les adorateurs des lettres. Elle incarnerait un solide pilier pour tous ceux qui recherchent du réconfort dans leur entreprise d’écriture, ainsi qu’une raison d’être de la ténacité dont ils font preuve pour leur incommensurable amour de l’écriture. À ceux-là, le romancier livre un message d’espoir. Il leur confie avec certitude qu’aucune recette n’existe mais que le secret est celui d’une infaillible persévérance.

En tant que freelance, la récente lecture de ce livre m’a confortée dans ma manière d’aborder mon travail. En tant que lectrice, il m’a mise face à ma faute, celle de n’avoir tenu qu’une seule et unique fois un livre de ce monstre de la littérature entre les mains. De fait, n’étant pas friande d’histoires d’horreur, je ne me suis jamais essayée à la découverte de son univers si populaire. Ce livre m’a convaincue que je commettais une erreur.

Je m’en remets donc à vous. Si vous ne deviez conseiller qu’un seul de ses romans, un incontournable de sa production prolifique, lequel serait-ce ?


Écriture. Mémoire d’un métier. de Stephen King aux éditions le livre de poche, 2000

Les romans de Clarisse Sabard

Les romans de Clarisse Sabard

Lorsque j’entre dans une librairie, j’aime flâner de longs moments dans les rayons, à la recherche de la prochaine histoire qui m’étonnera, celle qui va exalter mon imagination, celle qui me plongera dans une profonde réflexion et, parfois, celle qui produira les trois à la fois. Depuis que je lis, ce sont les titres qui éveillent ma curiosité. Ils me donnent l’envie de découvrir les mystères que les livres recèlent. Ensuite, c’est sur les couvertures que je jette mon dévolu. J’y recherche bien souvent ce quelque chose de poétique qui me fait succomber à leur charme. Quant aux thématiques, ce sont elles qui m’autorisent à trancher, si un doute tente de s’immiscer dans ma prise de décision. Vous l’aurez deviné, je ne suis pas une lectrice « à auteurs ». Je me qualifierais plutôt de lectrice à atmosphère, une lectrice guidée par sa sensibilité, une lectrice « à textes ».

Pourtant, un après-midi de janvier, ma sœur m’offrit Ceux qui voulaient voir la mer de Clarisse Sabard et sa lecture, que je ne tardai pas à en entamer, a bouleversé ma vision. Le pouvoir de conviction que transmettent certaines plumes, l’atmosphère douce et à la fois passionnelle et captivante qu’elles partagent, la manière dont les thématiques sont abordées révélant leur intérêt certain, sont si chères à mon âme de lectrice. Clarisse Sabard symbolise ce genre d’écrivains. Elle jongle avec les mots de telle manière qu’elle nous emporte dans son univers délicat et réconfortant. Elle a le don de nous transporter, de nous submerger d’émotions et de nous émerveiller à travers le regard, les paroles et les actes de ses héroïnes admirables et combatives, mais aussi le maillage complexe et élaboré de leurs histoires familiales, de leurs façons de s’ancrer dans la mémoire du temps.

Il me reste les comédies de Noël pour l’hiver prochain et je peux vous dire que j’en trépigne déjà d’impatience !

Et vous, quel est votre roman préféré de Clarisse Sabard ?

Avez-vous aussi déjà eu un coup de cœur littéraire qui a eu un impact considérable sur votre vie de lecteur/trice ?


Les lettres de Rose aux Éditions Charleston, 2016

Ceux qui voulaient voir la mer aux Éditions Pocket, 2020

La femme au manteau violet aux Éditions Charleston, 2020

Quelle lectrice je suis ?

Quelle lectrice je suis ?

Elle était alors une petite fille qui, lorsqu’elle ne s’amusait pas dans la cour de récréation avec ses camarades d’école, s’entourait d’amis auxquels elle fit une promesse, celle de ne jamais les quitter. Les livres, ses nouveaux compagnons, revêtaient déjà un caractère sacré, lumineux et indispensable à son univers. Elle se souviendrait toujours de cette journée singulière, lointaine et vague, celle lorsqu’on lui confia ces Lettres de mon moulin, ce précieux recueil de nouvelles sous forme épistolaire, un genre qu’elle découvrit alors avec un intérêt certain. Ces réminiscences la submergeaient. Ses sens étaient en ébullition ; l’odorat, lorsqu’elle tournait les pages avec frénésie et qu’un parfum enveloppant s’en échappait ; le toucher, à mesure que ses mains parcouraient la couverture écornée, cet inéluctable témoignage du voyage que le livre avait parcouru alors même qu’on acheva de l’imprimer ; et la vue, absorbant les pigments colorés et les cicatrices du papier, consolidant davantage l’attachement qu’elle leur portait.

Elle observait avec application le paysage rural figé dont les ailes de la maisonnette haut perchée possédaient cette formidable capacité de tourbillonner par la seule force du vent. Elle se surprit alors à penser que les livres étaient dotés d’un pouvoir similaire ensorcelant son esprit.

S’attarder sur le titre était, pour la petite fille, crucial et devint, depuis, un réflexe déterminant. Elle s’apaisait dès lors qu’elle espérait découvrir un monde secret, un monde de confidence, celui qu’elle déliait et abritait aussi dans les correspondances qu’elle entretenait avec ceux qui comptaient pour elle, à l’image d’Alphonse Daudet, ce monsieur qui partagea ces courriers imprimés et reliés dans ce formidable objet qui rejoignit naturellement sa bibliothèque et ne la déserta plus.

À l’aube de l’âge adulte, les interrogations peuplant sa tendre enfance se firent davantage critiques. Les études supérieures qu’elle entreprit lui permirent une exploration plus minutieuse et technique menant un chemin vers de plus vastes réflexions. Parmi ces trouvailles, c’est l’ISBN (International Standard Book Number ou Numéro International Normalisé du Livre) qui eut le mérite d’attirer particulièrement son attention. Curieux sigle, ces quatre lettres formaient un code qu’elle répertoriait de manière systématique sur chaque ouvrage qui tombait entre ses mains. Pétrie par ce nouveau savoir, les pensées emberlificotées, elle songea au livre cher à son enfance, celui qui trônait en évidence sur ses étagères depuis près de deux décennies. Elle se rappela que son attachement tenait sans doute de l’absence de cette longue série de chiffres, lui conférant une valeur symbolique, supérieure à tout autre livre, celle émotionnelle qu’elle croisa invariablement à chaque page qui la faisait frisonner d’émotions, à chaque histoire qui l’emportait dans un nouveau monde, à chaque savoir qu’elle apprivoisait et, depuis qu’elle comprit cela, elle accueillait chaque livre comme lorsqu’elle s’émerveilla devant Les lettres de mon moulin.

Cette petite fille qui aura toujours des étoiles pleins les yeux face aux livres, c’est moi.

J’ai décidé de construire ce blog consignant mes lectures coup de cœur et des réflexions autour de l’objet livre pour la même raison que je suis freelance depuis maintenant 5 ans, par amour des mots, par amour des écrits, par amour de ce qui se produit lorsque l’on effleure le papier et que la magie opère.