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I SERVICE PRESSE I « Lilly et le labyrinthe » de Blanche Martire

Lilly et le labyrinthe de Blanche Martire

Pureté et onirisme. C’est immédiat, instantané, c’est une douce évidence. Ces termes nous submergent et nous réconfortent à la lecture de ce conte si poétique et délicat. Ils se diffusent et s’étendent, au-delà de l’horizon des pages, au-delà de l’horizon d’une histoire, au-delà de la fiction. Intelligente, débrouillarde et imaginative, la jeune héroïne de Blanche Martire mène un véritable combat intérieur. Au nom de sa construction identitaire, elle expérimente le monde ; au nom d’une reconnaissance, elle l’observe avec attention ; au nom d’un « je » brimé, elle le redessine.

Ce labyrinthe, ce n’est pas que celui de Lilly, c’est celui dans lequel on évolue, on s’égare, on tâtonne à travers d’affligeants clichés, de grotesques discriminations, et autres étiquettes superficielles dont l’universalité récalcitrante est incontestablement réelle.

La petite Lilly « quittait la Terre et visait éternellement le ciel » et, comme elle, je n’avais qu’une idée à mesure que l’histoire de la jeune héroïne, attachante, courageuse et spirituelle, fleurissait sous mes yeux : m’enfuir avec elle et me perdre dans les délicats dédales célestes qu’elle imaginait.


4e de couverture (résumé) :

Lilly petite fille introvertie n’a pas les mots pour s’exprimer, elle attend impatiemment de savoir lire et écrire. Pourtant, elle sent déjà que les histoires et le monde de l’écriture l’habite profondément. Un jour, elle fait la rencontre de Sarah qui n’a peur de rien. Et si finalement Lilly lui ressemblait ? « Lilly aurait voulu remonter ses manches plus souvent, et ainsi se salir les mains. Son cœur n’aurait plus été enfermé dans un coffre-fort. Les gens l’auraient découverte alors, entière. Lilly aurait été à la rencontre des autres et du monde. Elle aurait même laissé ses traces sur le tronc des arbres, les nuages et la pluie. Ses voyages se seraient remplis d’encre et les feuilles se seraient embrasées. Le papier roussi par les flammes aurait noirci jusqu’aux dernières pages. Un noir ébène, absolu. Et la fumée serait montée jusqu’au ciel. »

Lilly et le labyrinthe de Blanche Martire aux éditions Fabert, 2021

Je remercie les éditions Fabert pour la publication de ma chronique : https://www.fabert.com/editions-fabert/lilly-et-le-labyrinthe.3374.produit.html

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« La part des ténèbres » de Stephen King

« La part des ténèbres » de Stephen King

Un magma gris boueux. Jamais, auparavant, une couleur et une matière ne s’étaient imposées avec une telle force dès le début d’une lecture. Chaque action décrite, chaque évènement, chaque personnage est imbibé de cet infâme et sordide mélange qui dérange et colle à la peau.

Thad Beaumont incarne ce héros que l’on aime plaindre, et son homologue des ténèbres, George Stark, celui que l’on suit avec une avidité repoussante. Le King a l’art et la manière de flirter avec les contours d’un manichéisme presque caricatural. Ces personnages ne cessent de se confondre dans un chaos vertigineux dont on se languit, pourvu que le supplice s’achève enfin. Qui écrit ? Qui est coupable de ces horripilants meurtres ? Qui agit ? Qui réfléchit ? Qui orchestre ? Qui exécute ?

La Nature qui les entoure est aussi inquiétante ; le lecteur n’a de cesse de se questionner sur ces massifs envols macabres de moineaux ; sur ce corps humain qu’il possède mais n’en soupçonne jamais la structure défaillante et les ravages qu’il est capable d’engendrer parfois.

J’ignore ce qu’il en est de vous, mais je suis convaincue qu’observer les moineaux ne sera, désormais, plus jamais pareil.

Vous arrive-t-il aussi qu’une lecture symbolise, d’une manière si vive, une couleur ?


4ème de couverture (résumé) :

« Tu croyais pouvoir te débarrasser de moi. Tu pensais qu’avec un enterrement bidon pour mes fans et pour la presse, tout serait réglé. Tu te disais : « Ce n’est qu’un pseudonyme, il n’existe même pas. » Tu te disais : « Fini George Stark, maintenant consacrons-nous à la vraie littérature… » Pauvre naïf ! Non, ne t’imagine pas que tu vas pouvoir si facilement te débarrasser de moi. Je suis ton double, ta part de ténèbres… Et j’aurai ta peau ! »
 
Thad Beaumont et son pseudonyme George Stark n’ont fait qu’un pendant douze ans. Jusqu’à ce jour où l’écrivain décide d’écrire sous son vrai nom. Alors, quand on a signé des thrillers ultraviolents, se venger de celui qui a voulu vous faire disparaître est un réel plaisir…

La part des ténèbres de Stephen King aux éditions Le livre de poche, 1989

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« La machine à explorer le temps » de H.G. Wells

« La machine à explorer le temps » de H.G. Wells

Combien de fois avons-nous déjà songé à ce que fut et sera le monde ? Aux avancées, aux progrès, à tout ce que nous n’avons pas connu et n’aurons pas la possibilité d’explorer ?

1895 témoigne de ces expériences qui, au simple fait d’y songer, nous mettent en effervescence, nous procurent un enthousiasme sans pareil. 1895, c’est une fin de siècle où une musicalité nouvelle règne sur la surface du globe. Alors bercé par les notes créatives d’êtres dotés d’une imagination débordante, le monde, ébahi, découvre le cinéma, cette fascinante machine projetant quelques 25 images par seconde pour nous immerger dans un spectacle à trois dimensions.

En littérature, H.G. Wells a démontré son génie en transcendant avec brio la réalité de l’époque, plongeant ainsi les férus de curiosités en tout genre dans la quatrième dimension avec l’histoire d’une création scientifique virtuelle inégalable : une machine à explorer le temps. Le héros extraordinaire de son roman s’engouffre en l’an 802701 dans un environnement hors du commun et si dissemblable de celui auquel il est accoutumé.

Ce livre n’est bref qu’en terme de nombre de pages. Il en est autrement de son contenu si étoffé, si riche. Sa finesse analytique de l’Homme et son déclin possible nous fascinent ; la beauté descriptive de ce monde décadent et imaginaire nous emporte ; et, surtout, les subtilités du talent narratif d’un héros aspiré par une époque, aspiré par un autre temps, aspiré par l’étrange nous surprennent autant qu’elles nous émerveillent.

J’ai lu ce classique culte de la Science-fiction, et je peux affirmer sans l’ombre d’un doute que j’aimerais aussi, à l’image de l’explorateur de Wells, être dotée de ce pouvoir fictif et mystérieux de m’aventurer à manipuler le fil du temps, ne serait-ce que pour remonter celui où j’ai découvert cette incroyable histoire.

Ce roman phare fait-il aussi partie de votre collection ?


4ème de couverture (résumé) :

La machine à explorer le temps de H.G. Wells aux éditions Gallimard, collection Folio SF, 2019 (éd. originale, 1895)

« Je vis des arbres croître et changer comme des bouffées de vapeur ; tantôt roux, tantôt verts ; ils croissaient, s’étendaient, se brisaient et disparaissaient. Je vis d’immenses édifices s’élever, vagues et splendides, et passer comme des rêves. Toute la surface de la terre semblait changée – ondoyant et s’évanouissant sous mes yeux. Les petites aiguilles, sur les cadrans qui enregistraient ma vitesse, couraient de plus en plus vite. Bientôt je remarquai que le cercle lumineux du soleil montait et descendait, d’un solstice à l’autre, en moins d’une minute, et que par conséquent j’allais à une vitesse de plus d’une année par minute ; et de minute en minute la neige blanche apparaissait sur le monde et s’évanouissait pour être suivie par la verdure brillante et courte du printemps. »

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« Brouill’noir, le carnaval des idées noires »

« Brouill’noir, le carnaval des idées noires »

Parler de livres sur un support écrit, tant virtuel que papier, c’est avant tout l’impulsion de partager avec autrui, l’envie d’échanger, la joie de découvrir.

Explorer la littérature jeunesse a quitté mes habitudes de lectrice dès lors que mon âge n’était plus à son image. Mais la rencontre de ce petit bonhomme flou assumant le port de multiples costumes aux étiquettes chargées d’émotions m’a naturellement fait renouer avec ce type de livres qui faisaient partie intégrante de ma bibliothèque il y a une trentaine d’années.

« Brouill ‘noir, le carnaval des idées noires » c’est un album illustré qui aborde le sujet sensible des troubles psychiques qui touchent plus de personnes qu’on le voudrait ; ce sont des cœurs par milliers pour la symbolique qu’ils incarnent ; ce sont des pensées et idées qui ondulent dans nos esprits ; ce sont des mots et des images compilées dans un album dont le but est de raviver et de répandre des couleurs là où elles sont difficilement décelables, de nous inviter à entamer un divorce avec certaines idées reçues.

Par cette récente initiative, la maison d’édition indépendante À ti(t)re d’elles nous tend la main pour davantage de réflexion, davantage de compréhension. Elle nous tend la main pour apprendre à dissiper ce brouillard qui s’immisce parfois en nous et menace la clarté de notre pensée.

Et vous, lisez-vous des albums jeunesse traitant de sujets sensibles ?


4ème de couverture (résumé) :

Brouill’Noir est un petit personnage qui adooooooore les gens ! Les gens qui ont un petit trou dans leur cœur… Muni de ses lourdes valises emplies de costumes, le voilà qui s’installe au fond d’eux.

Brouill’Bulle, Brouill’zard, Brouill’brume sont autant de costumes douloureux qu’il aime leur faire revêtir.

Démarre alors un véritable carnaval d’idées noires !! Mais de violentes émotions en dangereuses situations, ce carnaval s’annonce mouvementé…

Un conte thérapeutique qui permet de poser des mots sur les maux psychiques, en abordant symptômes et situations générées par ces maladies invisibles. Mais également en parlant du long parcours de guérison.

Brouill’noir, le carnaval des idées noires de l’éditeur indépendant À ti(t)re d’elles, 2021

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« Le jardin de l’oubli » de Clarisse Sabard

« Le jardin de l’oubli » de Clarisse Sabard

Inlassablement, j’aime l’idée de me perdre dans les livres enchanteurs de Clarisse Sabard. Ses histoires font poindre en moi cette sensation familière que j’ai plaisir à retrouver dans chacune de ses parutions. Ses héroïnes du passé sont invariablement combatives et le revendiquent ; quant à celles du présent, la confrontation avec leurs ancêtres fait naître un questionnement nécessaire pour leur construction en devenir.

La mémoire, les écrits, l’oubli, les arts, la littérature, une Agathe persévérante et courageuse, une Faustine maladroite et tâtonnante, celles et ceux qui les ont connues. C’est avec ce savant mélange d’ingrédients imparables que la romancière a, encore une fois, parsemé mon ciel de lectrice d’étoiles, mais aussi d’un espoir, celui du rêve d’Agathe qui ne cesse de briller en quête de renaissance d’un jardin que je ne peux désormais plus me résigner à faire tomber dans l’oubli.


4ème de couverture (résumé) :

La jeune Agathe, repasseuse, fait la connaissance de la belle Otero, célèbre danseuse, dans la villa dans laquelle elle est employée. Une rencontre qui va bouleverser sa vie, deux destins liés à jamais par le poids d’un secret.

Un siècle plus tard, Faustine, journaliste qui se remet tout juste d’une dépression, se rend dans l’arrière-pays-niçois afin d’écrire un article sur la Belle-Epoque. Sa grand-tante va lui révéler l’histoire d’Agathe, leur aïeule hors du commun.
En plongeant dans les secrets de sa famille, la jeune femme va remettre en question son avenir. Et la présence du ténébreux mais très secret Sébastien y est également pour quelque chose…

Le jardin de l’oubli de Clarisse Sabard aux éditions Charleston, 2019

| SERVICE PRESSE |  » Mode avion  » de Mickaël Parisi

| SERVICE PRESSE |  » Mode avion  » de Mickaël Parisi

«  Peu importe l’endroit où je me rendais, les horloges n’avaient pas d’aiguilles. » (extrait)

Une âme égarée flottait dans les airs. Elle s’agrippait en vain aux êtres qui croisaient son chemin. Elle avançait, se transformait, se métamorphosait et pourtant, une perpétuelle remise en question décuplait sa présence dans chaque lieu qu’elle habitait. Cette âme, c’est celle du narrateur de « Mode avion ». Elle m’a conté le périple le plus déroutant et surprenant qu’il m’ait été donné de lire.

Singulier vertige du temps, temps du vertige singulier, l’auteur se dispense de planter le décor, ingrédient pourtant communément répandu dans les œuvres de fiction. Son orchestration narrative est minutieuse et une certaine vacuité se dégage d’un paysage paradoxalement saturé de couleurs, de sons, de paroles, de pensées, de symboles et, de présences. Résolument contemporaine, à travers chaque phrase, chaque page, l’histoire interroge les fêlures d’un monde occidental offrant aux lecteurs un accès aux possibles, lui frayant un chemin vers des alternatives aussi originales qu’insolites.

Le rythme galope et s’emballe dans un roman caustique au langage cru, empli d’ironie et parsemé de réflexions justes et judicieuses en quelques dizaines de pages seulement. Véritable concentré de réflexions sur le sens de l’existence, nos modes de vie et les conséquences qui en découlent sont passés au crible.

Je tiens à remercier l’auteur de ce roman, Mickaël Parisi, de m’avoir envoyé son manuscrit. Grâce à lui, bien que les horloges avaient conservé leurs aiguilles durant la lecture, leur tic tac s’est évaporé tant ce récit hors normes m’a captivée.

Connaissez-vous l’univers singulier de l’auteur ?

Avez-vous déjà lu l’un de ses romans ?


Résumé (4ème de couverture) :

Depuis que cette drôle de femme – dont le visage est recouvert de balafres – me suit constamment en plein Japon, je me retrouve à prendre des bains de mygales, à faire des publicités pour un parfum que je n’ai jamais essayé, à parler couramment Slovène avec des personnes intitulées Arrogance ou Culpabilité, à tenir la main de gens mourants pour me sentir mieux…
Était-il possible que je devienne un prophète ou avais-je un peu trop abusé des boissons alcoolisées locales ?

Mode avion de Mickaël Parisi, auto-édition, 2019

Ce service presse* émane d’une demande qui m’a directement été adressée par l’auteur.

* Qu’est-ce qu’un Service Presse ?

Afin de lancer ou de relancer la promotion d’un livre, un auteur ou une maison d’édition est fréquemment amené à contacter des rédacteurs, généralement des journalistes ou des blogueurs, pour leur proposer de recevoir l’écrit et de produire une chronique (un type d’article publié à une fréquence plus ou moins régulière dans lequel le rédacteur émet son avis) à son sujet.

Dans certains cas, les éditeurs lancent un appel à candidature dans le but de sélectionner les chroniqueurs avec lesquels ils souhaitent collaborer ponctuellement ou pour un partenariat de longue durée.

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« Brûlant secret » de Stefan Zweig

« Brûlant secret » de Stefan Zweig

« Dehors, un vent léger agitait les arbres, et la résille de leurs branches nues brisait en mille éclats mouvants le miroir immobile de la lune. » Une remarquable poésie découle des mots de Stefan Zweig, c’est indéniable. Il a cet incroyable don de bercer tout amoureux des mots. Et lorsque l’on s’essaie à parler de ses écrits, la première pensée nous traversant l’esprit est sa capacité à dépeindre la complexité des émotions humaines qui suffit à être repérée à la lecture d’un seul de ses livres. Il sait en décortiquer finement ses nuances subtiles et dévoiler ses zones obscures avec une vivacité passionnée. Ici, les protagonistes sont anonymes, il ne juge pas utile de les encombrer d’un nom. Dépouillés de toute identité individuelle, seule l’étiquette d’appartenance de genre compte. L’histoire est simple, linéaire, valorisant ainsi les thèmes au cœur de ce récit: l’amour et la trahison qui en découle, ce brûlant secret capable de consumer notre âme.

« Brulant secret » est la première histoire que j’ai lue de cet auteur et j’ai été enivrée par son style et sa manière de voir le monde. J’ai, par la suite, lu deux autres de ses livres, mais c’est celui-ci qui, sans conteste, est mon favori.

Êtes-vous, comme cela est mon cas, tombé en admiration pour la plume de cet auteur ?

Lequel de ses écrits avez-vous préféré ?


4ème de couverture (résumé) :

Seul, un jeune aristocrate foule le quai de gare d’une station de montagne. Arrivé à son hôtel, à l’affût de la moindre rencontre, il entrevoit une femme élégante, l’air lointain, en compagnie d’un garçonnet. Prêt à tout pour la conquérir, il va feindre l’éclosion d’une amitié avec le fils pour atteindre la mère. Et bientôt, le petit Edgar ne comprendra pas la raison, celle qu’on lui tait et qu’il pressent brûlante, de leur soudaine métamorphose…

«Oh, le savoir, savoir enfin ce secret, le comprendre, tenir cette clef qui ouvre toutes les portes, ne plus être l’enfant à qui l’on cache et dissimule tout, ne plus être celui qu’on berne et qu’on dupe. C’est le moment ou jamais! Je vais bien le leur arracher, ce terrible secret.»

Brûlant secret de Stefan Zweig aux éditions folio, 2018

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« Dora Maar et le Minotaure » de Slavenka Drakulic

« Dora Maar et le Minotaure » de Slavenka Drakulic

La vie toute entière de Dora Maar, photographe maudite et « muse-objet » de Pablo Picasso, semble avoir été une interminable mosaïque composée d’impertinents éclats, qui n’obéissent à aucune règle. Son environnement était sombre, les paysages qui la cernaient tumultueux et le prisme au travers duquel elle observait son existence, une surface fissurée, brisée par les douloureuses épreuves que lui infligeait la vie, mais, surtout, par sa rencontre avec le célèbre peintre. Dans cet écrit intitulé « Dora Maar et le minotaure », Slavenka Drakulic livre un récit absolument captivant et fascinant. Chaque détail dans son écriture et ses choix narratifs nous offre la vision tourmentée d’une femme dont on comprend l’inévitable souffrance, mais que l’on pressent par moment comme victime consentante, et celle d’un homme au pouvoir absolu et à la volonté souveraine auxquels rien ne résiste.

Le final est grand, beau, magistral. Cette façon qu’a l’auteure de maintenir une tension persistante malgré son apparente absence m’a procuré un véritable frisson. Picasso n’est plus, et la brume prégnante s’est substituée à une brise débarrassée de son influence néfaste, mais dont l’air restera à jamais chargé de sa présence spectrale.

Avez-vous succombé à la curiosité de découvrir cet ouvrage qui s’inscrit dans « Les indomptées », une collection des éditions Charleston qui a vu le jour début 2021 ?

Qu’en avez-vous pensé ?


Résumé (4ème de couverture) :

« J’avais découvert posé sur le lit un petit dessin représentant une femme et un homme à tête de taureau. (…) Le dessin est brutal. Je le déteste. Je l’adore. Je ne m’en déferai jamais. (…) Sur ce dessin, c’était moi. Ni Olga, ni Marie-Thérèse, ni aucune autre de ses amantes de passage dont il ne se rappelait pas les noms. J’étais l’élue, j’étais la gagnante, j’étais marquée. J’étais à lui. »

Photographe renommée, figure prometteuse de l’avant-garde parisienne, amie intime des surréalistes André Breton et Man Ray, Dora Maar est une artiste accomplie et célébrée lorsqu’elle rencontre Pablo Picasso en 1936. Fascinée par le génie du peintre, elle rêve d’un compagnonnage artistique, d’une vie à deux faite d’amour et d’art.

Mais pour Picasso, le seul art qui compte est le sien, et leur relation ne sera pour lui qu’un matériau inépuisable pour sa propre créativité. Projetée en pleine lumière par son statut de muse, Dora Maar devient, sous les pinceaux de Picasso, une des femmes les plus scrutées de son temps, mais son art et son individualité resteront à jamais dans l’ombre du maître.
De leur histoire destructrice, elle sortira anéantie.

Dans ce journal intime fictif, Slavenka Drakulic dresse le portrait tragique d’une femme et artiste extraordinaire et offre une voix à celle qui en fut privée.

Dora Maar et le minotaure de Slavenka Drakulic aux éditions Charleston, 2021

« Un garçon singulier » de Philippe Grimbert

« Un garçon singulier » de Philippe Grimbert

Vous est-il déjà arrivé de vous plonger dans une histoire et d’avoir l’impression qu’émettre une opinion à son propos vous est totalement inconcevable ? Ce roman, dans son entièreté, a provoqué cette frustration de lectrice en moi. Je me décidai à ouvrir mon carnet suite à l’achèvement du récit qui me laissait perplexe. Je pris quelques notes au vol, tentant de laisser tout de même une trace, aussi minime soit-elle. Il m’est alors arrivé quelque chose de totalement inédit : je me rappelai qu’un élément avait retenu mon attention dès les premières pages, celui des dialogues dont la particularité était de n’y inclure aucunement le protagoniste, Louis. Ce dernier nous narre à la première personne du singulier l’expérience la plus bouleversante de sa vie, et je compris alors l’essence du livre.

La singularité, c’est, d’abord, ce choix audacieux opéré par l’auteur, mais c’est ensuite cette amitié fusionnelle qui lie les deux jeunes ; c’est la manière particulière avec laquelle ils communiquent, dépourvue de parole ; c’est l’atmosphère marin, la douceur des effluves iodés humés lors de leurs paisibles promenades en bord de mer ; c’est ce monde complice qu’ils ont rapidement érigé, cette forteresse qui finit par conférer une saveur singulière à la liberté.

J’aimerais que la singularité frappe à nouveau à ma porte et qu’elle me surprenne comme Louis et Yannis l’ont fait.

Avez-vous, comme cela a été mon cas, reçu une belle leçon de vie à travers le chemin parcouru par ces deux complices ?


Résumé (4ème de couverture) :

« Maintenant que j’ai appris à le connaître, je l’aime et il m’effraie tout à la fois. Lui et sa mère vont trop loin, mais tous deux ont eu raison de mes résistances… » Une simple annonce sur les murs de la faculté a sorti Louis de sa léthargie pour le précipiter sur la plage de son enfance à la rencontre d’une mère et de son fils, deux êtres hors du commun qui vont bouleverser sa vie et l’amener à affronter ce qui dormait au plus profond de lui-même.

Philippe Grimbert, grand spécialiste français du thriller freudien, porte un regard bouleversant sur la différence. Laure Mentzel, Le Figaro.

Il n’est question que d’amour de la première à la dernière page de ce livre profondément troublant sur le destin, l’art de se construire, et qui s’achève dans un final royal de beauté. Pierre Vavasseur, Le Parisien.

Un garçon singulier de Philippe Grimbert aux éditions Le livre de poche, 2012

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« Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson

« Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson

Seul quelques rares livres ont la capacité de marquer notre esprit de manière impérissable. Ils détiennent cette force de conviction, nous happent, nous enivrent et provoquent en nous un chamboulement émotionnel sans pareil. Lorsque je m’attache particulièrement à un univers romanesque, je ressens invariablement ce sentiment de douce tristesse qui persiste au-delà de la découverte de la dernière ligne. Un sentiment qui, pour le faire perdurer, se traduit par une lecture lente, une lecture permettant de savourer l’atmosphère créée par l’auteur, son talent habile à construire un récit à la fois poétique et plein de subtilités et sa manière singulière de nous livrer des personnages riches et bien pensés. « Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson est de ceux-là. C’est un récit sublime, orchestré avec finesse. C’est l’histoire d’un voyageur dans le temps profondément romantique qui nous démontre que l’amour se moque, non pas de la distance nous séparant de l’être aimé, mais qu’il se moque éperdument des frontières temporelles qu’il brave contre vents et marées. Il est aussi question de maladie, de mort et de désespoir.

Le lecteur participe invariablement à la construction d’une histoire, par sa volonté de comprendre l’intention du créateur du texte, sa capacité à débusquer la part d’explicite du voyage des mots et de déterrer ce qu’il tait, de lire cette saisissante mélodie qui nous est contée entre les lignes.

Le ressac, ce terme que Richard Matheson habille d’une incroyable poésie, aussi vigoureux soit-il, ne balaiera jamais le mélancolique voyage dans le temps que j’ai vécu intensément en lisant ce roman.

Avez-vous déjà tenté cette expérience de lecture ? Sinon, embarqueriez-vous pour ce périple émotionnel suranné ?


Résumé (4ème de couverture)

À trente-six ans, Richard Collier se sait condamné à brève échéance. Pour tromper son désespoir, il voyage, au hasard, jusqu’à échouer dans un vieil hôtel aux bords du Pacifique.Envoûté par cette demeure surannée, il tombe bientôt sous le charme d’un portrait ornant les murs de l’hôtel : celui d’Elise McKenna, une célèbre actrice ayant vécu à la fin du XIXᵉ siècle. La bibliothèque, les archives de l’hôtel lui livrent des bribes de son histoire, et peu à peu la curiosité cède le pas à l’admiration, puis à l’amour. Un amour au-delà de toute logique, si puissant qu’il lui fera traverser le temps pour rejoindre sa bien-aimée. Mais si l’on peut tromper le temps, peut-on tromper la mort ?

Le jeune homme, la mort et le temps de Richard Matheson aux éditions Folio SF, 1975 (édition originale anglais) et 2000 (édition folio SF en français)